Derrière les signes officiels de qualité, auxquels il a rappelé son attachement, c'est « une conception de l'agriculture » que Stéphane Le Foll veut défendre. C'est pour rappeler son attachement à cette idée que le ministre de l'Agriculture s'exprimait mercredi à l'occasion des voeux officiels de l'Institut de l'origine et de la qualité (Inao).

Pour réaffirmer le choix de ce modèle agricole de qualité et du « lien qui doit unir le produit agricole au terroir », le ministre a évoqué de nouveaux outils dans la loi d'avenir : la possibilité d'introduire des mesures de gestion du terroir dans les cahiers des charges des signes officiels de qualité, et la possibilité, « bien sûr », d'utiliser les GIEE (1) pour porter certains projets.

Les signes de qualité ont notamment fait l'objet de lignes directrices transmises par la France à la Commission européenne pour préparer les négociations commerciales avec les Etats-Unis. Les défendre dans les négociations commerciales ne signifie pas demander que les signes de qualité (notamment les indications géographiques) soient reconnus sur le marché américain – on en est encore loin. Il s'agit de faire reconnaître le principe, afin de conserver le droit de les défendre et les utiliser – au moins sur notre marché et sur ceux qui ont accepté de les reconnaître. C'est pourquoi « on doit défendre systématiquement nos signes de qualité dans toutes les négociations internationales, y compris à l'OMC et ailleurs, sinon on va les perdre », a expliqué le ministre.

S'il y a du travail à faire sur les signes officiels de qualité, c'est parce que « si on veut être compétitif, il n'y a pas que la question des coûts, il y a la question de l'organisation et de la valorisation », a poursuivi le ministre, en martelant : « Il faut structurer et organiser ! »

La question des marques régionales entrant parfois en concurrence avec les signes officiels de qualité gérés par l'Inao ayant été soulevée par le président du conseil permanent de l'Inao, Stéphane Le Foll a déclaré « comprendre que les régions cherchent à mieux se vendre à l'étranger ». « Mais il faut s'organiser, pas se marcher sur les pieds », a-t-il insisté, rappelant qu'il n'y a qu'une politique de qualité » en France. A ce sujet, la charte signée entre l'Inao et les régions du Grand Sud-Ouest pour encadrer l'utilisation des marques régionales et l'articuler avec la politique nationale est une première expérience qu'il convient d'étendre et d'adapter le cas échéant. Question de lisibilité, afin de valoriser au mieux le travail des agriculteurs, notamment sur les marchés à l'exportation.

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(1) GIEE : Groupement d'intérêt économique et environnemental.

B.L.