Le solde de la balance commerciale des semences et plants a atteint un nouveau record en 2014-2015, à 841 millions d’euros, a annoncé le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) lors d’une conférence de presse le 1er décembre. « Cela résulte d’une baisse de 10 % des importations et d’une légère reprise des exportations », a précisé Catherine Dagorn, directrice de l’interpofession.

En 2014-2015, le chiffre d’affaires de la filière a atteint 3,28 milliards d’euros. La France reste le premier exportateur mondial, avec une part de 44 % des exportations dans le chiffre d’affaires du secteur cette campagne. Ce sont les semences de maïs et sorgho qui s’exportent le plus (lire tableau), suivis par les semences potagères et florales.

La France est le premier producteur européen de semences d’espèces agricoles avec 361 850 hectares (chiffre 2014), soit 17 % de la surface européenne. Elle devance l’Allemagne (181 110 ha) et l’Italie (180 950 ha). L’Hexagone exporte 74 % de ses semences dans les pays de l’Union européenne.

Le budget total de la recherche dépasse les 300 millions d’euros, soit 13 % du chiffre d’affaires des 73 entreprises de sélection. «5800 variétés sont inscrites au catalogue français en 2015, chiffre Catherine Dagorn. C’est 60 % de plus qu’il y a 15 ans. L’enjeu de la filière est de maintenir cette dynamique d’augmentation de l’offre variétale.»

« Préserver la diversité dans nos assiettes sera possible grâce à nos capacités d’innovation, a fait part Pierre Pagesse, président du Gnis. Il faut pour cela faciliter l’accès des sélectionneurs à l’ensemble des connaissances et des outils des sciences de la vie.» Par ailleurs, il a plaidé pour une «gestion adaptée de la propriété intellectuelle».

Pour lui, il faut «protéger sans confisquer, mais à terme, si on veut éviter la «contrefaçon» de ces ressources génétiques créées, il faudra trouver un nouveau mode de protection de la propriété intellectuelle, sinon on arrêtera le progrès sur notre continent et il se fera ailleurs», assure-t-il. Autrement dit, il défend le COV (certificat d’obtention végétale) pour les variétés de semences et le brevet pour les inventions biotechnologiques», comme les nouvelles techniques de sélection du génome des plantes.

Jusqu’à maintenant, la France comme une centaine d’autres pays, utilise le certificat d’obtention végétale, un droit de propriété intellectuelle qui autorise le libre usage de la variété protégée pour créer de nouvelles variétés. Seuls les Etats-Unis, l’Australie et le Japon protègent les variétés végétales par un brevet. Elles ne peuvent pas être librement utilisées à des fins de sélection par tous.

« Il faut distinguer découverte et invention, explique Pierre Pagesse. De mon point de vue, le COV permet de faire la courte échelle au progrès. Mais quel titre de propriété donner à un inventeur ? Car sans espoir de rémunération vous n’aurez pas d’investissement», a-t-il expliqué.

I.E.