Un million de tonnes de paille devra être transporté, surtout à partir de la mi-juillet, pour les éleveurs frappés par la sécheresse, indique mardi un communiqué des ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, à l'issue de la deuxième cellule de crise sur les transports de fourrages et de paille.

La fourniture de paille viendra principalement des régions céréalières comme la Picardie, l'Ile-de-France ou la Champagne, et ira vers les « zones de pénurie » que sont les régions d'élevage comme les Pays de la Loire, le Poitou-Charentes ou encore l'Auvergne.

« La quantité de paille à transporter est estimée à près d'un million de tonnes », et « les premiers mouvements de transport massif sont attendus à partir de la mi-juillet », précisent les ministères.

Les grandes distances se feront par le train, et les « points de chargement et de déchargement seront arrêtés dans les tout prochains jours entre la SNCF, Réseau Ferré de France (RFF) et les fédérations départementales d'agriculteurs », précise le communiqué.

Des installations du ministère de la Défense situées à proximité des zones de chargement serviront d'espaces de stockage temporaire de la paille.

Les liaisons de courte et moyenne distance se feront par la route, « ce qui nécessitera une forte mobilisation des entreprises de transport routier », précise-t-on du côté des ministères. « Afin de répondre au mieux à la demande, les échelons locaux des organisations professionnelles représentant le secteur du transport routier sont en contact avec les fédérations départementales de la FNSEA », ajoute le communiqué.

L'Administration « étudie les possibilités d'assouplissement de certaines contraintes qui pourraient limiter la capacité de transport, notamment lors des week-ends estivaux », annoncent les deux ministères.

« Un transport par voie maritime est également à l'étude entre l'Espagne et les ports de la façade atlantique », indique encore le communiqué.

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a déclaré mercredi sur Europe1 que « la SNCF joue le jeu », il a toutefois appelé l'entreprise ferroviaire publique à proposer des « tarifs intéressants ». « On est en négociations, mais il faut que chacun fasse preuve de solidarité », a-t-il dit.

Par ailleurs, le gouvernement « négocie pour que les péages soient gratuits pour les transports par camion » de fourrage, a-t-il ajouté.

« La situation des éleveurs, dans le Massif central ou ailleurs, reste très difficile », a souligné le ministre, même si la pluie « va améliorer un peu les choses, permettre peut-être d'avoir une deuxième coupe à l'automne pour faire du fourrage » et au « maïs de mieux pousser et donc là aussi d'avoir de l'alimentation pour les bêtes ».

Bruno Le Maire a assuré qu'il restait « totalement mobilisé pour apporter une solution à chaque exploitation, à la fois pour fournir de l'alimentation (...) et aussi pour apporter une aide concrète en trésorerie ».