Les précipitations sont espérées notamment dans les terres superficielles, où les plantes sont au point de rupture.

Les cloches de Pâques ont certainement déposé le week-end dernier leurs oeufs plus régulièrement que les pluies n'ont sévi en France. En effet, les précipitations ont été très localisées et ont varié de quelques gouttes jusqu'à 40 mm, pour les plus chanceux.

La majeure partie du territoire connaît ce déficit en eau depuis plusieurs mois, comme le montre la carte ci-dessous (1). Les cultures sont en partie touchées.

10 à 15 % de pertes possibles

La situation et les estimations varient selon les régions. « Tout n'est pas perdu. Et si des pluies arrivent rapidement, les céréales auront certainement la capacité de récupérer », insiste un conseiller en Bretagne.

En revanche, en Champagne, en Bourgogne ou encore dans le Centre, le potentiel semble entamé sur les parcelles les plus séchantes : « des ronds de céréales sont d'ores et déjà détruits ».

Groupama chiffre les pertes possibles de rendement à 10-15 % en moyenne. La composante « peuplement épis » est parfois affectée sur céréales d'hiver, car des régressions de talles ont eu lieu. C'est notamment le cas des terres superficielles, mais aussi des semis les plus tardifs, moins bien implantés.

L'inquiétude est également palpable pour les orges de printemps qui, malgré les bonnes implantations, n'ont pas été assez arrosées.

 

Avec son système racinaire à pivot, le colza est moins touché. Le climat sec a pourtant provoqué des coulures de fleurs sur certaines parcelles. Sans pluies, le PMG pourrait lui aussi être affecté. C'est pourquoi, fait exceptionnel, des enrouleurs ont été sortis sur colza. Le Cetiom estime qu'irriguer avec 100 mm entre le début de la floraison et le grossissement des graines permet de gagner jusqu'à 8 q/ha.

Les céréales restent toutefois prioritaires et les premiers tours d'eau ont débuté. Un opérateur en région Poitou-Charentes conseille : « Avant que ce ne soit plus possible, autant se servir de l'eau disponible sur les cultures d'hiver qui sont encore sauvables et qui présentent des prix intéressants. »

Conditions d'intervention

Les températures clémentes ont profité au développement des cultures d'hiver, qui présentent toutes au moins une semaine d'avance : les escourgeons pointent déjà leurs barbes et les colzas sont en fin de floraison. L'état sanitaire des céréales demeure assez sain.

Mais les conditions climatiques sont favorables au développement de l'oïdium et, dans le nord-ouest du pays, de la rouille jaune. Des taches physiologiques, dues aux conditions sèches, sont signalées sur les derniers étages foliaires. Elles peuvent être confondues avec la septoriose, qui elle, reste sur les feuilles du bas.

Ce beau temps a aussi permis d'avancer les implantations des cultures de printemps. « Les premiers semis de maïs ont profité de la fraîcheur des sols. Les autres ont été réalisés dans le sec et les levées risquent d'être hétérogènes », prévient un conseiller en région Rhône-Alpes.

Avec ce stress hydrique, les interventions sur les cultures se complexifient, car elles nécessitent une hygrométrie suffisante et l'absence de vent. Le deuxième apport d'azote n'ayant pas toujours été valorisé, il faudra bien raisonner le troisième (fractionnement, azote liquide…) et son intérêt.

Par ailleurs, l'application d'herbicides pour les cultures de printemps est difficile en conditions sèches, il est donc conseillé de miser sur une stratégie de postlevée.

(1) Elaborée par Geosys (www.geosys.com). Lire également :

C.F.