« Nous avons récolté moitié moins d’ensilage d’herbe sur la première coupe. » C’est le triste constat que tire Yohan Baudouin sur son exploitation à Fenioux près de Niort, alors que la pluie s’est fait attendre jusqu’au début d’avril. L’éleveur, installé avec son père et son frère sur 285 ha dans le bocage des Deux-Sèvres, ne sait pas encore avec quoi il va nourrir ses bêtes cette année. Effectivement, derrière les bâtiments, le silo de 2017 arrive juste au niveau des restes de celui de 2016.

Une perte de 25 000 € sur le tournesol

« On va faire une deuxième coupe d’ensilage, à condition que le ray-grass repousse, mais il sera trop tard pour implanter les tournesols sur ces parcelles », explique Yohan. Il estime la perte de cette culture à 25 000 €, auquel il ajoute les 10 000 € de charges pour le deuxième ensilage. « À la place des tournesols, on va mettre des maïs précoces, se résigne-t-il, ça va impacter les rendements et tout va partir en fourrage. »

« C’est une année compliquée pour les polyculteurs-éleveurs », précise Frédéric Nouzillat des Etablissements Buchou Négoce à Coulonges-sur-l’Autize (79). Il conseille, lui aussi, d’implanter des maïs précoces ou des fourrages d’été du type moha-trèfle après les céréales pour compenser le manque d’ensilage.

La météo pas au rendez-vous

Pour la deuxième année consécutive, la météo n’est pas au rendez-vous. « On a eu un printemps pourri en 2016 », rappelle Yohan Baudoin. Résultat, des problèmes sur les céréales et sur l’implantation des cultures de printemps. En 2016-2017, la sécheresse a d’abord sévi en automne lors de la mise en place des ray-grass, avant de frapper à nouveau en avril. « On a dû ensiler rapidement parce que le fourrage tendait à disparaître », raconte-t-il.

Des problèmes de tallage sur céréales

Sur les céréales, la situation était tendue aussi. « On a eu 15 à 20 mm le weekend du 1er mai », explique Frédéric Nouzillat. « Ça a permis de stopper l’hémorragie, mais il en faut plus. Ils annonceraient 30 mm le weekend prochain (1) », avance-t-il. Il espère que le poids de mille grains pourra compenser la densité. « Les densités sont faites et elles ont été dégradées par le tallage », observe-t-il. Note positive au tableau, la floraison du colza c’est bien passée. « Quand quelque chose va bien, il faut le dire aussi », se réjouit le technico-commercial.

(1) Le reportage a été réalisé le 2 mai 2017.

Tanguy DhelinJournaliste web