Pour les industriels laitiers dont nous avons des données, l’année 2016 semble avoir été remarquablement bonne. Le groupe Bel (La Vache qui rit, le Kiri ou Babybel) a annoncé une hausse de 15,6 % de son résultat net sur l’exercice de 2016, par rapport à l’an dernier. Il passe de 184 millions d’euros à 213 millions. Mais l’entreprise Savencia (ex-Bongrain, produisant Elle et Vire, Caprice des dieux ou St Moret) connaît une progression du résultat net encore plus importante : +83 % en un an, en passant de 57 millions d’euros à plus de 104 millions.

Matières premières bon marché

Pourtant, ces deux transformateurs ont vu leur chiffre d’affaires diminuer de 0,5 % pour Savencia sur l’année et de –0,8 % sur le quatrième trimestre de 2016 pour le groupe Bel. Ce dernier explique que « le chiffre d’affaires de la zone [Europe] a été affecté par un effet de change négatif principalement sur la livre sterling, et par la guerre des prix entre les distributeurs européens qui a directement impacté les prix de vente nets ». Il note également que « sur une grande partie de l’exercice les prix des matières premières sont restés à des niveaux très bas. » À comprendre ici qu’il s’agit du prix bas du lait…

2017 s’annonce plus compliquée

Les deux industriels semblent assez pessimistes sur l’année en cours. Selon Bel, « l’exercice 2017 [sera] beaucoup plus difficile ». Et pour Savencia, « la volatilité de l’économie laitière dans les principaux pays producteurs et l’incertitude relative à l’évolution des devises mondiales continueront à impacter fortement l’année 2017 ».

La parole des éleveurs

En parallèle, les producteurs de l’Organisation de producteur (OP) Sunlait (livrant à Savencia) ont mis en ligne le 25 février une « campagne de soutien pour la reconnaissance de notre travail », signée par plus de 1 500 personnes.

« Aujourd’hui notre travail n’est pas reconnu à sa juste valeur, c’est pourquoi nous appelons les consommateurs à nous soutenir en achetant les marques du Groupe et, en contrepartie de cet achat responsable à demander au groupe Savencia que nous soyons payés à un prix décent pour la reconnaissance de notre travail », peut-on lire sur le site web. Ils demandent un minimum de 35 centimes par litre de lait en prix de base.

M.B avec l’AFP