Le président de la République a annoncé un complément au plan de soutien à l'agriculture à l'occasion, samedi, d'une table ronde au Salon de l'agriculture réunissant notamment des représentants de la FNSEA, de Jeunes Agriculteurs, de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale.

Ainsi, 800 millions d'euros de prêts de trésorerie et de consolidation sur cinq ans viendront compléter le milliard d'euros de prêts bonifiés déjà annoncés, portant le total à 1,8 milliard. « Ils seront accordés par les banques aux exploitations en difficulté avant la fin de mars », indique un communiqué de l'Elysée. Le taux d'intérêt bonifié des prêts sera d'environ « 1,5 % pour les agriculteurs et de 1 % pour les jeunes agriculteurs ».

Par ailleurs, 50 M€ d'euros de prise en charge d'intérêts d'emprunts pour 2009-2010 financeront en complément des 100 M€ déjà annoncés les demandes importantes présentées par les agriculteurs en difficulté, soit au total 150 M€.

Autre point : Nicolas Sarkozy a demandé à Bruno Le Maire et Jean Louis Borloo de tenir, « dès la semaine prochaine, un premier groupe de travail autour d'une nouvelle méthode d'analyse des mesures environnementales en agriculture, qui sera articulé autour de trois axes : une analyse comparée avec ce qui se fait chez nos partenaires européens, une étude d'impact économique et social de cette mesure sur les filières françaises et un chiffrage du bénéfice attendu pour la société ».

Cette annonce avait été faite en janvier 2010 par le ministre de l'Agriculture, lors de la présentation de ses voeux à la presse. Mais les discussions ne semblaient pas simples entre le ministère de l'Agriculture et celui de l'Ecologie.

Autre élément mis en avant par le chef de l'Etat : à partir de novembre 2010, la France présidera le G20. Le président de la République a ainsi annoncé qu'il prendrait « l'initiative de promouvoir une véritable régulation des marchés de matières premières agricoles, afin de limiter la spéculation croissante et d'encadrer les produits financiers dérivés sur ces marchés », indique l'Elysée.

Par ailleurs, avant de défendre une position française offensive sur la Pac d'après 2013, Nicolas Sarkozy a demandé aux représentants des syndicats agricoles représentatifs de « définir avant la fin du premier semestre de 2010 une position commune sur les outils de régulation de la Pac de 2013 et leurs financements ».

Le président de la République prendra l'initiative, lors du prochain Conseil européen, « de défendre la place centrale de l'agriculture dans la stratégie économique que l'Union européenne s'apprête à adopter pour 2020 ».

Il proposera à Angela Merkel, chancelière allemande, que Bruno Le Maire et sa collègue allemande leur remettent avant le mois de septembre 2010 des propositions communes sur les outils de régulation des marchés agricoles à promouvoir en Europe et leurs financements.

Sur ces bases, le président de la République « souhaite travailler avec l'ensemble des Etats membres de l'Union européenne, avec le Parlement européen et le président de la Commission européenne ».

Il a par ailleurs annoncé que cette initiative pour une préférence communautaire renouvelée sera au coeur de ses prochains échanges avec le président de la Commission européenne.

Retrouvez les interventions filmées de la table ronde sur le site de l'Elysée.

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Y.H.