Nicolas Sarkozy a inauguré samedi à l'heure du laitier la 49e édition d'un Salon de l'agriculture, en s'y présentant comme le candidat de la défense des « valeurs » chères au monde rural.

Privilège de sortant, le chef de l'Etat a ouvert dès 7h30 le bal des prétendants à l'Elysée qui vont se bousculer pendant huit jours dans la plus grande ferme du monde. Bref passage dans les box pour la traite des vaches puis long échange loin des micros, sur le sable du ring où défilent les bêtes de concours, avec des éleveurs.

Sitôt tourné le dos à ses interlocuteurs, M. Sarkozy a tenu à expliquer le sens de sa visite. Même s'il a pris la précaution de rappeler qu'il y a été accueilli en tant que chef de l'Etat, c'est bien le candidat à un second mandat qui s'est présenté dans les allées du salon.

Un candidat qui, flanqué du président récemment rallié de Chasse, Pêche, Nature et Traditions (CPNT), Frédéric Nihous, est bien décidé à afficher une proximité avec le monde rural. « C'est pas du folklore l'agriculture, c'est une activité aussi essentielle pour notre économie que l'automobile ou l'industrie spatiale », a-t-il confié.

Tout au long de sa visite, Nicolas Sarkozy n'a donc raté aucune occasion d'afficher clairement ses convictions. Et d'égratigner ses rivaux.

Finalement, le chef de l'Etat a mis un terme à sa visite au bout de quatre longues heures de parcours. Un record pour lui, même s'il reste encore très loin des prestations interminables du président préféré des agriculteurs, son prédécesseur, Jacques Chirac, absent cette année pour raison de santé.

Comme l'ont montré deux sondages Ifop et OpinionWay publiés à la veille du salon, Nicolas Sarkozy a regagné dans le coeur des agriculteurs une bonne partie de la confiance qu'il avait perdue au milieu de son mandat. Avec 40 % des intentions de vote au premier tour, il devance largement François Bayrou, Marine Le Pen et François Hollande, qui oscillent autour de 15 %.

Alors à deux mois de l'échéance, le président-candidat a quitté ses hôtes en leur livrant un dernier message en forme de slogan de campagne. « Je me sens au côté des valeurs que vous portez, celles de gens qui aiment leur travail et qui veulent en vivre », a-t-il dit, « si on partage les mêmes valeurs, j'ai besoin que vous m'aidiez à [les] faire triompher, parce que ces valeurs sont la seule façon pour que la France reste un pays fort et indépendant ».

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