Les députés ont supprimé, le mercredi 9 octobre 2013 dans la soirée, à la surprise générale, le report de six mois de la revalorisation annuelle des retraites, prévu dans le projet de loi sur la réforme des retraites.

La suppression de cet article, intervenue juste avant la suspension de la séance pour la nuit, a été votée par 44 voix contre 39 à la suite d'une « erreur de vote » de certains députés socialistes.

En commission, certains socialistes avaient défendu, avant de les retirer, des amendements visant à exempter les petites retraites, et non le seul minimum vieillesse, du report de six mois de la revalorisation annuelle des pensions de retraite du 1er avril au 1er octobre.

En séance, les socialistes se sont retrouvés isolés face aux autres groupes qui ont tous vigoureusement contesté ce report de six mois qui devrait rapporter 800 millions d'euros dès 2014.

Le 10 octobre 2013, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a indiqué qu'elle demanderait aux députés de revenir sur la suppression du report de six mois.

A la reprise des débats, la ministre a annoncé que le gouvernement « demanderait une seconde délibération » à l'issue du débat sur l'ensemble du projet de loi sur les retraites, à la fin de la semaine. Elle a qualifié « d'incident technique » le couac de la nuit, ce qui a soulevé les protestations des opposants à la réforme, pour lesquels le vote de la nuit s'explique par les réticences soulevées par la mesure gouvernementale jusque dans les rangs socialistes. 

Aurore Coeuru