La réalisation du projet initial de retenue d'eau à Sivens (Tarn) n'est « plus d'actualité », affirme la ministre de l'Écologie. En revanche, Ségolène Royal « valide » les deux solutions proposées dans un rapport d'experts qui lui a été remis vendredi.

La ministre précise, dans un communiqué du 16 janvier, avoir « validé » deux scénarios :

- un premier envisage « la réalisation d'un réservoir dans l'emprise initiale, plus modeste, 300 m à l'amont, avec un bras de contournement permettant d'assurer la continuité du cours d'eau » ;

- le second comprend « un ensemble de trois retenues latérales ou collinaires, une à Sivens, une sur le ruisseau de Bayssière et une dans la vallée, sur des sites identifiés entre Salvagnac et Beauvais/Tescou. »

Ces propositions feront l'objet d'un débat lors de la prochaine session de l'assemblée départementale du Tarn, précise la ministre.

Ces nouvelles propositions « sécurisent les besoins en eau découlant du projet de territoire » et « répondent à l'objectif » d'un bon état des eaux, estime-t-elle, précisant que le rapport « établit à 750.000 m³ les besoins de stockage » d'eau.

Le rapport propose « un projet de territoire reposant sur des productions à forte valeur ajoutée et génératrices d'emploi local et sur le renforcement des circuits de proximité », souligne Mme Royal. Il « permet de maintenir des exploitations de taille familiale. La sécurisation de ce projet nécessite des apports en eau l'été à partir d'un stockage hivernal », ajoute-t-elle.

Toujours pas de consensus sur le terrain

Plusieurs réunions ont eu lieu entre agriculteurs, défenseurs de l'environnement et élus concernés, mais aucun compromis n'a pu être trouvé entre les défenseurs du projet initial et ceux qui souhaitent qu'il soit fortement transformé.

« Rayer d'un trait de plume le projet pose des soucis : qui va payer les entreprises contractées ? Et ça veut dire qu'on est reparti pour quatre ou huit ans d'études, sans aucune garantie qu'il n'y ait pas encore une fois des zadistes » sur le site du nouveau projet, a déclaré à l'AFP Philippe Jougla, président de la FDSEA du Tarn, défenseur du barrage. Philippe Jougla se dit prêt à soutenir un projet de retenue « réduit », mais toujours à Sivens, avec un volume d'eau de 1.000.000 m³au lieu de 1.500.000 m³comme initialement prévu. Ce scénario a également les faveurs de la chambre d'agriculture du Tarn et des acteurs économiques de la Région.

Quant aux antibarrage, s'ils se disent « satisfaits » que le projet initial soit « abandonné », ils refusent d'apporter « pour l'instant » leur soutien à l'alternative consistant à construire d'autres retenues. « Nous demandons de nouvelles études et nous estimons qu'il sera démontré qu'aucun ouvrage ne sera nécessaire », a déclaré à l'AFP Ben Lefetey, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet.

Les antibarrage estiment que les besoins en irrigation peuvent être satisfaits en utilisant les retenues collinaires existantes, des ouvrages de stockage d'eau construits par les agriculteurs eux-mêmes, et remplis par les eaux de ruissellement ou de pompage. S'il est prouvé que les besoins en eau ne peuvent pas être satisfaits par les retenues déjà construites, « alors il faudra discuter d'un possible ouvrage ». « Mais il faudra que ce soit le moins impactant pour l'environnement. Sinon, nous nous réservons le droit d'utiliser des recours en justice », a-t-il souligné.