Au moins 50 % de « produits de qualité et durables » dont 20 % de produits bio dans la restauration collective, en 2022 : c’est l’objectif fixé par la loi agriculture et alimentation adoptée à la suite des États-généraux de l’alimentation (EGAlim). Mais les cantines sont loin du compte, avec moins de 4 % de bio servi, selon la fondation Nicolas Hulot (FNH).

L’ONG avait déjà alerté l’an dernier sur les besoins financiers induits par l’article 25 de la loi Egalim. Elle estimait alors les besoins à 330 millions d’euros par an pendant trois ans pour l’ensemble des restaurants collectifs sur l’ensemble du territoire français, environ 49 000 restaurants servant 1,8 milliard de repas par an.

Le gouvernement l’avait refusé, arguant que les caisses de l’État étaient vides… Le 28 octobre 2019, alors que se déroulent les débats sur le projet de loi de finances pour 2020 à l’Assemblée nationale, la Fondation Nicolas Hulot revient à la charge, mais en se concentrant sur les territoires les moins riches.

15 millions d’euros pendant trois ans

Soutenue par la Fnab, la Fédération nationale de l’agriculture biologique, la Coordination rurale, la Confédération paysanne, le réseau restau Co et le secours catholique, la FNH réclame une prime à l’investissement pour aider les cantines des territoires fragiles à répondre aux objectifs fixés dans la loi. Elle estime cette fois les besoins à 15 millions d’euros par an pendant trois ans, en ciblant les zones géographiques prioritaires de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté.

Une alimentation de qualité pour tous

Cette « prime sociale à l’investissement », qui pourrait être versée à « environ 2 000 restaurants », devrait « permettre d’enclencher une boucle vertueuse : lutte contre la fracture alimentaire territoriale, préservation de la biodiversité et lutte contre le dérèglement climatique, débouchés rémunérateurs aux agriculteurs, accès digne à une alimentation de qualité pour toutes et tous… »

Des investissements incontournables

Selon l’ONG, des pratiques durables (comme la réduction des protéines animales, le travail de produits bruts et de saison, la lutte contre le gaspillage…) constituent un « réel levier d’économies pour investir ensuite vers plus de qualité ». Toutefois des investissements de départ sont incontournables.

L’aide, d’un montant moyen de 7 500 € par établissement bénéficiaire, pourra soutenir l’investissement « dans des moyens matériels (légumeries, composts, nouvelles vaisselles, etc.), immatériels (campagnes de sensibilisation, formations, etc.), du temps affecté aux réflexions territoriales (structuration de filières d’approvisionnement, de légumeries départementales, d’ateliers de découpe ou conserverie, etc.). »

B. Lafeuille