Alors que le gouvernement travaille toujours sur les définitions, les ONG demandent du concret. Aux côtés de la Fondation Nicolas Hulot (FNH), Greenpeace, le WWF, Réseau Action Climat mais aussi Commerce Équitable France, la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique) et la Confédération paysanne invitent le ministre de l’Agriculture, dans une lettre ouverte publiée le 10 mai, à mettre les bouchées doubles sur la restauration collective.

Les exigences des structures sont simples : la transition alimentaire prévue par EGAlim doit être assortie de suffisamment de moyens pour lever les principaux freins. « À ce jour, nous sommes loin des objectifs législatifs fixés d’assurer au moins 50 % de produits sains et locaux dont 20 % de produits biologiques dans l’ensemble de la restauration collective », déplore ce texte dans son préambule.

Trois verrous principaux

Les organisations signataires identifient trois verrous qui empêchent la transition prévue de se traduire par des effets concrets. Premier levier de changement : la réglementation des marchés publics. Impossible de favoriser, dans l’état actuel des lois sur la concurrence, des producteurs locaux. Sur ce point, les signataires demandent un groupe de travail d’ici à l’été au niveau français.

Second problème soulevé par la tribune : le besoin de nouvelles compétences, chez les gestionnaires, les gérants, les cuisiniers, serveurs, ou même chez les agriculteurs. Les signataires préconisent « un déploiement national de formations auprès de toutes et tous dans les six prochains mois ». Programme indicatif prévu par la tribune : achats locaux, durabilité des filières, travail sur les produits de saisons, protéines végétales.

Enfin, les signataires évoquent le nerf de la guerre : le financement. Les structures exigent que soit à nouveau considéré un bonus à destination de la restauration collective pour l’aider dans ses efforts. Une idée déjà évoquée par des parlementaires, comme le rappellent les ONG, mais rejetée dans le dernier projet de loi de finances.

À la fin du texte, la FNH souffle un dernier chiffre au ministre : 330 millions d’euros. C’est la somme qui serait nécessaire pour permettre aux restaurants collectifs de « s’approvisionner en produits sains, locaux et équitables ».

Ivan Logvenoff