Le jeudi 13 octobre, pendant les questions au gouvernement au Sénat, Marisol Touraine a été questionnée par le sénateur du Morbihan Joël Labbé (EELV). Faisant écho à la récente enquête de Générations futures sur la présence de perturbateurs endocriniens dans le müesli, il s’est inquiété de l’absence de prise en compte des effets des cocktails de résidus de pesticides dans la réglementation européenne et souhaitait connaître la position défendue par la France à Bruxelles.

Dans le sillon de la réglementation de la qualité de l’eau

Marisol Touraine a dit avoir décidé, avec Stéphane Le Foll et Ségolène Royal, de saisir l’Anses (1) afin « de lui demander de proposer des critères pour mettre en place une limite maximale globale pour tous les pesticides présents dans l’alimentation, comme ce qui est fait aujourd’hui pour l’eau ».

Concrètement, elle va demander à l’agence de « réfléchir à une dose maximale de pesticides autorisée par jour par ingestion via l’alimentation, et à la manière dont cela pourrait se traduire concrètement en matière de recommandations de consommations ou de baisses des LMR fixées par l’Europe sur certains ingrédients, afin d’aboutir à une ration journalière qui ne soit en moyenne pas trop exposante », indique-t-on au cabinet de la ministre.

La saisine de l’Anses, non encore envoyée, sera rédigée « en lien avec les ministères de l’Agriculture et de la Consommation, chargés de contrôle de la qualité des denrées », a précisé Marisol Touraine.

« Une réelle avancée »

Pour Générations futures, qui attendait la position des ministères de la Santé et de l’Agriculture sur la question des perturbateurs endocriniens, il s’agit d’une « réelle avancée ». « Ça fait des années qu’on pointe du doigt les différences de traitement entre l’eau de boisson et les aliments », a précisé Nadine Lauverjat coordinatrice de l’association, à l’AFP.

Définition des perturbateurs endocriniens à revoir

Mme Touraine a par ailleurs estimé que la définition des perturbateurs endocriniens proposée en juin par la Commission européenne n’était « pas satisfaisante », car « trop restrictive ». Elle a précisé qu’elle avait indiqué à au commissaire européen à la Santé (le lituanien Vytenis Andriukaitis) qu’elle souhaitait que la définition adoptée à Bruxelles soit plus ambitieuse que ce qui est actuellement envisagé… en prenant exemple sur la définition proposée par l’Anses à la fin de juillet.

A. Cas., avec l’AFP

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.