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L’historien des machines agricoles

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© L. Cottineau

À Abbaretz, en Loire-Atlantique, Rogatien Mortier a ouvert au public sa collection de machines et d’outils agricoles. À chaque pièce son histoire, que l’éleveur retraité raconte avec passion et précision.

« Voici un Deutz de 1930. Il en reste peu, car ils ont été réquisitionnés par les Allemands pendant la guerre. Mais pas celui-ci, car son propriétaire l’avait saboté », détaille Rogatien Mortier, qui a remis en état ce tracteur abandonné. Depuis 1994, l’éleveur, aujourd’hui retraité, tient Agri Rétro, un musée dédié aux machines et outils agricoles d’antan, à Abbaretz (Loire-Atlantique). Outre plus de 200 tracteurs, sa collection compte des moissonneuses-batteuses, charrues, ensileuses, semoirs, mais aussi de l’outillage : matériel vétérinaire, scies, machines à traire… Les plus anciennes pièces remontent à la fin du XIXe siècle.

Du matériel en état de marche

Si l’homme de soixante-dix-neuf ans connaît précisément chaque outil, il ne peut les dénombrer. « J’ai arrêté de compter », dit-il en souriant. Rogatien avoue que la place manque dans les 4 500 m² de bâtiments couverts. « Cette exposition retrace l’histoire de la mécanisation de la région, poursuit-il. Ici, elle est arrivée tard, dans les années cinquante. Elle s’est accélérée avec la guerre d’Algérie et l’exode rural. Il fallait remplacer la main-d’œuvre manquante. »

L’agriculteur a commencé sa longue collection avec l’achat d’un Someca DA 50 en 1965. « Mais ça ne sert à rien sans le matériel qui va avec ! », appuie le collectionneur. Une salle entière du musée est consacrée aux charrues, avec de nombreux modèles de chez Huard, fabriqués à quelques kilomètres de là, à Châteaubriant. Le constructeur a depuis été racheté par Kuhn, et le site tourne toujours. A contrario, l’usine de Saint-Mars-la-Jaille, qui fabriquait les nombreuses batteuses Braud qui s’exposent, a fermé.

90 % des engins sont en état de marche. « Cette machine à vapeur datant de 1880 fonctionne. Elle était dans une scierie, il m’a fallu cinq mois pour la restaurer », souligne le féru de mécanique. Non loin de là, une locomotive trône. « Une fois par an, lors de la fête du musée, je l’alimente en bois, et je l’attelle à une batteuse, raconte-t-il. Il est important de se souvenir, et d’avoir des objets pour expliquer. Et quand on connaît le métier, c’est mieux. »

Intarissable d’anecdotes, Rogatien guide volontiers les visiteurs : « Avec des passionnés, ça dure la journée ! L’autre jour, j’ai reçu un collectionneur du Luxembourg. Avec mon épouse Marguerite, nous avons trouvé là un moyen de voyager tout en restant chez nous. »

Louise Cottineau
Agri Rétro, une collection unique

Le musée des machines agricoles est ouvert tous les jours, d’avril à octobre. En dehors de cette période, il faut téléphoner au préalable. Comptez environ deux heures pour la visite. Chaque dernier dimanche d’avril se tient une journée portes ouvertes. Rogatien Mortier est aussi l’auteur d’un livre, Souvenirs et passions, en vente au musée, où il raconte la vie à la ferme et la création progressive d’Agri Rétro (1).

(1) Le Bas-Houx, 44170 Abbaretz. Entrée : 5 €. Contact : 02 40 55 19 71.

Site internet : agriretro.unblog.fr

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Commenter cet article 1 commentaires
J CHARLES MONNIER

"" Merci , l' Ancien ""
Heureusement qu'il en reste quelques-uns comme lui , mais après eux ..................pourvu que le flambeau soit repris !

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Cet article est paru dans La France Agricole

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