Un compromis « qui souffle le chaud et le froid » : voilà comment la Fnab, par un communiqué du 29 novembre, a qualifié le texte validé la semaine passée par le CSA (1) sur le règlement bio européen.

Des sujets de société négligés

La fédération des producteurs bio reconnaît « une avancée importante » avec l’autorisation à la commercialisation en bio des semences « population », et salue la réaffirmation de l’« importance du lien au sol ». Mais elle regrette l’assouplissement du rythme des contrôles (qui pourront être espacés de 24 mois chez les opérateurs n’ayant commis aucune faute durant trois ans) et juge que le texte tel qu’il a été validé « échoue à porter un renforcement ambitieux des exigences de la production biologique ».

« Sur des sujets de société importants comme l’origine des aliments du bétail ou la limitation de la taille des élevages il a été impossible d’avancer », illustre sa présidente Stéphanie Pageot.

Réactiver un cahier des charges français

Pour éviter de perdre la confiance des consommateurs, la Fnab propose donc d’« aller plus loin » au niveau national pour aboutir à une labellisation française complémentaire du label européen.

« Juridiquement il semble que rien n’empêche le ministère de réactiver un cahier des charges mieux-disant sous label AB tant que celui-ci ne conditionne pas l’obtention de la feuille européenne », argumente Stéphanie Pageot.

B. Lafeuille

(1) Conseil spécial de l’agriculture des ministres de l’UE.