La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) indique avoir mené une série de contrôles auprès d’abattoirs ou de sociétés sur les circuits de commercialisation des animaux de réforme de la filière ovine et de la volaille.

Elle précise qu’un animal de réforme est « destiné à la production de jeunes animaux, de lait ou d’œufs qui, arrivant « en fin de production », est engraissée en vue de la consommation de sa viande. » Or, l’enquête dévoile des pratiques frauduleuses visant à commercialiser la viande sous des dénominations plus valorisantes. Par exemple : poulet à la place de poule, ou viande ovine au lieu de mouton.

Trois procédures contentieuses sont en cours, pour tromperie ou pratiques commerciales trompeuses. Les opérateurs visés ont commercialisé des carcasses de brebis sous la dénomination « agnelle », ou des dénominations plus vagues alors même que la nature précise des viandes attendues, à savoir de l’agneau, avait été spécifiée par l’acheteur.

« Par ailleurs, des informations convergentes, fournies par plusieurs opérateurs, notamment sur les niveaux de prix pratiqués, ont conduit les services à poursuivre leurs investigations auprès de grossistes, suspectés de réétiqueter en viande d’agneau des viandes portant la mention viande ovine », poursuit la DGCCRF.

Cinq avertissements ont également été adressés pour l’utilisation de dénominations imprécises sur des factures ou sur l’étiquetage. Trois établissements ont reçu des avertissements, car ils détenaient des carcasses ovines importées sur lesquelles n’apparaissait pas le marquage de la catégorie.

Moins d’anomalies sur la traçabilité

Les viandes ovines au stade de l’abattage n’ont en revanche pas de problème de traçabilité. « L’ensemble des grossistes et fabricants contrôlés utilisent un système enregistrant les quantités entrées et les quantités sorties par numéro de lot, constate la DGCCRF. Cependant, pour deux d’entre eux, l’étude de la cohérence des lots présentait des anomalies. Un avertissement a été adressé, et des investigations sont en cours.

S’agissant des volailles, la traçabilité est nettement plus complexe, même au stade de l’abattage. Elle est établie par lot et non par individu. « Les données enregistrées entre l’entrée et la sortie ne sont pas toujours homogènes, affirme la DGCCRF. Deux avertissements ont été adressés à deux abattoirs leur rappelant les procédures à suivre. »