Le nouveau ministre allemand de l'Agriculture a insisté, le 16 janvier 2014 à Berlin, sur la nécessité de cultiver les terres agricoles, montrant peu de sympathie pour la création d'espaces écologiques ou le maintien de surfaces en jachère, mesures « vertes » qui auraient la faveur de Bruxelles.

« Nous avons une obligation éthique et morale de produire, de manière pérenne, des denrées alimentaires sur les surfaces que nous avons », a déclaré Hans-Peter Friedrich lors d'une conférence de presse dans le cadre du salon de l'agriculture de Berlin (Grüne Woche), une de ses premières apparitions publiques depuis la constitution du nouveau gouvernement allemand le mois dernier.

M. Friedrich, issu comme son prédécesseur, Ilse Aigner, du parti conservateur bavarois CSU, affichait ainsi son peu de sympathie pour la création d'espaces écologiques, le maintien en jachère ou sous forme de prairies permanentes des surfaces cultivables allemandes.

Le président de la Fédération des agriculteurs allemands (DBV), Joachim Rukwied, a salué les propos du nouveau ministre. « Une utilisation productive [des surfaces], avec le recours à des engrais, est nécessaire, c'est aussi notre avis, parce que toute autre solution se traduirait par des baisses de revenus », a-t-il argumenté.

M. Friedrich a effectué la semaine dernière en France sa première visite d'Etat en tant que ministre de l'Agriculture. Au terme d'une rencontre avec son homologue français, Stéphane Le Foll, les deux ministres ont souligné « une vision partagée visant à combiner impératifs de production et impératifs environnementaux ». Ils ont décidé la constitution d'un groupe de travail franco-allemand sur l'agro-écologie.

En Allemagne, M. Friedrich n'a toutefois nullement l'intention de soutenir plus intensément l'agriculture bio, dont la croissance reste nettement en dessous des objectifs fixés il y a quelques années. « C'est le consommateur qui décide en dernière instance ce qui doit être produit », a-t-il argumenté. « Nous ne pouvons pas faire de certains segments des niches subventionnées ».