« J’étais déterminé à tout donner. Je voulais absolument travailler à nouveau dans le secteur agricole », explique Thierry Joubert. À la recherche d’un emploi, il n’a pas hésité à faire six heures de route, aller-retour, pour décrocher un contrat en CDI de technico-commercial à la Sobac, une entreprise de fertilisants naturels des sols.

À la recherche d’un emploi, Thierry Joubert intégrera bientôt l’équipe des technico-commerciaux de Sobac. © DR

La rencontre s’est faite lors du job dating organisé cette semaine par les bourses à l’emploi, Apecita et JobAgri, au salon Innov-Agri à Outarville (Loiret), dans le Centre-Val-de-Loire. Une première pour Thierry Joubert : « À l’origine, je ne suis pas très fan de ce type d’événement. Surtout, il faut bien comprendre qu’au départ, un job dating, ce n’est pas vraiment un entretien d’embauche, c’est davantage un premier contact. Mais j’ai fait en sorte de transformer ces quinze minutes en un entretien de recrutement. »

« La personnalité passe avant le CV »

Le Viennois a été reçu pendant quinze minutes par Christophe Mezy, cogérant et directeur de la Sobac. Cinq minutes pour se présenter, cinq minutes pour que le candidat explique ses motivations, cinq minutes pour que le chef d’entreprise décrive le poste et les compétences attendues. « C’était une première pour moi aussi, explique Christophe Mezy. Le recrutement est délicat pour tout le monde aujourd’hui, alors on a voulu essayer, surtout pour nos postes de technico-commerciaux particulièrement difficiles à trouver. »

Christophe Mezy, cogérant et directeur commercial de Sobac, lors du job-dating. © Cédric Faimali/GFA

La formule retenue sur ce job dating consistait à ne pas transmettre les CV avant le rendez-vous. « Nous avons fait ce choix pour favoriser le facteur humain, explique Kristen Le Clainche, responsable du pôle en charge des annonces digitales pour l’emploi et la formation chez JobAgri. La personnalité du candidat prend le dessus sur son CV, et s’il ne convient pas, son enthousiasme par exemple peut convaincre un chef d’entreprise de le recruter sur un autre poste. Le job dating permet par ailleurs à un dirigeant d’évaluer très vite un maximum de profils. »

« Ce fut une aubaine pour moi de ne pas avoir à présenter mon CV d’emblée, parce que résumer trente ans de vie professionnelle, ça n’est pas simple, poursuit Thierry Joubert. C’est mieux quand on peut en parler. »

Un retour en agriculture

« Je n’étais pas stressé lors du rendez-vous, reprend-il, mais déterminé. Il était hors de question que je parte les mains vides. Je voulais un contrat de travail. À mon âge, on n’a plus de temps à perdre. Je sais ce que je veux, je sais dire les choses, j’ai foncé. »

Deux jours plus tôt, Thierry Joubert qui a fait tout son cursus scolaire dans l’enseignement agricole, avait rencontré une entreprise d’un autre secteur. Un entretien concluant également mais auquel il ne donnera pas suite : « C’est Sobac que je voulais. J’ai commencé ma carrière dans le secteur agricole, je veux aussi la terminer. L’agriculture, aujourd’hui… Je vais dire quelque chose qui va peut-être choquer… Mais l’agriculture, ça fait longtemps que ça n’est plus celle de « pépé » et qu’elle a bien changé. Je suis très content d’y revenir. Pour tout dire, mon département n’apparaissait pas dans l’offre, mais je me suis dit : « Tant pis ! J’y vais quand même ! Et finalement, ils avaient aussi besoin dans mon département. »

Le job dating a réuni au total 20 entreprises et 200 candidats pour 50 postes à pourvoir.

Rosanne Aries