A la fin de 2012, l'eau du robinet qui coulait dans près de 420 communes françaises dépassait les seuils limites en polluants comme les nitrates ou l'arsenic grâce à des dérogations, sans pour autant représenter un risque sanitaire immédiat, selon les résultats d'une enquête.

« Plus d'un millier de dérogations, réparties sur 419 communes, étaient recensées à l'automne de 2012 », indiquent la revue 60 Millions de consommateurs et la Fondation Danielle Mitterrand-France Libertés qui ont lancé, à la mi-2012, une vaste enquête sur la qualité chimique de l'eau en France.

Nitrates, arsenic, atrazine, glyphosate ou autres polluants... Les deux associations ont publié, sur internet, la « première carte des dérogations aux normes sanitaires de l'eau potable », consultable sur le site www.prixdeleau.fr.

« Cela ne représente pas un danger immédiat pour la santé du commun des mortels qui va consommer cette eau, mais c'est inquiétant pour la gestion de la distribution de l'eau potable », a déclaré, vendredi à l'AFP, Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 Millions de consommateurs.

« Dans un certain nombre d'endroits, pour des durées importantes, on accepte que les gens ne reçoivent pas une eau parfaitement aux normes. On se demande s'il n'y a pas une espèce de laxisme ambiant », a-t-il ajouté.

Les préfets accordent des dérogations pour trois ans, une fois l'assurance obtenue que l'utilisation de l'eau ne constitue pas un danger potentiel pour la santé des habitants. Elles peuvent être prolongées deux fois, soit un total de neuf ans.