« Nous partageons l’objectif d’augmenter la production européenne de soja mais il ne doit pas être la seule réponse au déficit de protéines et à la dépendance à l’importation », estiment le Coceral (Association européenne du commerce de grains), la Fediol (Association européenne des huiles végétales) et la Fefac (Fédération européenne de l’industrie des fabricants d’aliments composés).

Dans un communiqué daté du 14 juillet 2017, les trois organisations rappellent qu’il existe un déficit de protéines : « Sur les 31,2 millions de tonnes de soja utilisées pour l’aliment du bétail en Europe en 2015-2016, seules 1,5 million proviennent de l’UE. »

Biocarburants mis à mal

Le Coceral, la Fediol et la Fefac soulignent « qu’il faut de la cohérence entre les politiques existantes ». Ils pointent notamment du doigt la proposition de la Commission de diminuer progressivement les biocarburants à base de cultures dans la directive sur les énergies renouvelables à partir de 2020. « Cette proposition « est en contradiction flagrante avec le plan protéines », dénoncent-ils, et « pourrait faire disparaître 11 millions de tonnes de colza principalement », autre culture source de protéines.

Soja durable

Par ailleurs, « la promotion de la culture européenne de soja devrait laisser de l’espace à des initiatives qui soutiennent la durabilité et la non-déforestation. Dire qu’améliorer la production de soja permettra de diminuer les importations et la déforestation revient à ignorer les efforts des entreprises.

De même, le statut OGM/non-OGM n’est pas un critère de durabilité et le choix entre les deux filières devrait être fait par les acteurs du marché comme actuellement. Nous recommandons que l’Observatoire des marchés pour les cultures nouvellement créé examine l’impact potentiel de cette stratégie. »

F.M.