La Fédération nationale bovine (FNB) et plusieurs entreprises du secteur ont été invitées à accompagner le président français cette semaine en Chine. À l’occasion de la deuxième édition de la Foire internationale aux importations tenue ce mardi 5 novembre 2019 à Shanghai, les acteurs de la filière souhaitent promouvoir la viande bovine française et prendre position sur ce marché « stratégique », la Chine étant le deuxième importateur mondial de viande bovine (1,3 million de tonnes-équivalent carcasse en 2018, soit 50 % de plus qu’en 2017).

Des volumes exportés en deçà des espérances

À la suite de la levée de l’embargo chinois sur la viande française en 2018, le secteur avait perçu une réelle opportunité de marché. Le bœuf français fait pourtant un retour timide sur le marché de l’empire du Milieu avec seulement 265 tonnes exportées depuis le début de l’année 2019.

Affirmer sa position sur le marché chinois

« On sait qu’il y a un potentiel de 400 000 tonnes d’importation par les Chinois, s’exprime Bruno Dufayet, éleveur et président de la FNB présent sur place. Sur ces importations, on pourrait avoir des parts de marché suffisamment importantes. L’objectif de 50 000 tonnes exportées est atteignable à condition d’inciter les géants français du secteur à venir sur le marché », dit-il le 4 novembre 2019 sur Europe 1.

« Nous avons face à nous, en Chine, une demande en viandes bovines françaises qui pourrait permettre à tous les acteurs de la filière de créer de la valeur et de garantir une meilleure rémunération des éleveurs. Rien ne justifie, à nos yeux, que nos entreprises ne répondent pas, ou si peu aujourd’hui, à cette demande. Ce voyage devrait donc nous permettre de mieux comprendre la situation sur ce marché et, nous l’espérons, d’impulser rapidement l’exportation de nouveaux volumes », ajoute-t-il dans un communiqué de presse de la FNB le même jour.

Dominique Langlois, président d’Interbev, ajoute ce 5 novembre, qu’il « est important de rappeler le travail conséquent réalisé par l’interprofession en collaboration avec les services de l’État français depuis plusieurs années. Le marché chinois représente un débouché très important pour notre secteur. Il en revient désormais à l’ensemble des acteurs de la filière de la viande bovine française de concrétiser ces moments particulièrement prometteurs pour l’avenir, en développant les exportations. »

Jean-Baptiste Moreau, député et agriculteur de la Creuse, rappelle enfin l’importance de se positionner sur un « créneau de la qualité et pas de la compétitivité » à l’exportation dans un tweet.

Le président chinois goûte aux viandes françaises

Durant la foire, le président chinois Xi Jinping a été invité, sous les yeux d’Emmanuel Macron, par la délégation d’Interbev et celle des éleveurs, à déguster trois types de viandes bovines françaises – charolaise, salers et limousine – alors qu’elles étaient encore interdites il y a quinze mois sur le marché chinois. Sur le bœuf, a résumé Emmanuel Macron, « c’est maintenant à nous de jouer ».

Lucie Pouchard