« Les chefs d’État et de gouvernement n’ont pas été consultés, a indiqué Didier Guillaume auditionné à l’Assemblée nationale par une commission d’enquête parlementaire sur les pratiques de la grande distribution. Ils le seront dans les mois qui viennent et le président français a dit ce qu’il en était. Comme il faut l’unanimité, je crois comprendre que cet accord ne sera pas ratifié. »

Le ministre, porte-parole de son président

« Quant au G20 à Osaka, la Commission […] décide de signer le Mercosur et il est indiqué aux chefs d’État et de gouvernement que le Mercosur est un accord équilibré et intéressant pour l’Europe. Le président de la République dit : “En l’état, je suis favorable à cet accord puisqu’on me dit qu’il est bon.” », a rappelé le ministre.

« On n’avait même pas les traductions juridiques de cet accord. Après, on s’aperçoit qu’il y a plusieurs sujets », a poursuivi le ministre, évoquant la question des engagements sur le climat – « On l’a vu cet été avec les feux en Amazonie. » – ou celle des échanges agricoles. « Je ne veux pas qu’on échange des BMW et des Mercedes contre de la viande bovine et contre de l’alimentation. »

Suspendu à l’accord de Paris

« Le Mercosur n’est pas ratifiable car s’il l’était, alors c’en serait fini de la filière de la volaille en France », a aussi affirmé Didier Guillaume. Le président français Emmanuel Macron avait annoncé à la fin d’août son opposition au traité, estimant que son homologue brésilien Jair Bolsonaro avait « menti » sur ses engagements en faveur de l’environnement.

Cet accord entre l’Union européenne et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) est suspendu à un engagement spécifique des signataires à mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat.

AFP