Lancée par Corinne Lepage, cette association vise à conseiller et regrouper tous ceux qui s’estiment victimes de pesticides dans le monde.

Face à la « stratégie » des fabricants de produits phyto, « la seule réponse efficace aujourd’hui est […] la mise en réseau de toutes les victimes actuelles et futures des pesticides, qu’elles soient des agriculteurs, des voisins de lieux de diffusion, des collectivités locales, des chercheurs ou d’autres encore », explique l’avocate, ancienne ministre de l’Environnement (1995-1997) dans un communiqué.

Cette mutualisation de « toutes les actions dans le monde qui mettent en cause des pesticides » vise à « établir une base juridique et scientifique internationale qui permettra de renforcer les actions en justice ».

« J’ai pris conscience que, face aux trois multinationales de l’agrochimie qui sont de véritables mastodontes, des milliers de gens dans le monde se battent comme ils peuvent contre l’impact des pesticides mais sans aucune coordination », a confié Corinne Lepage dans une interview parue dans le journal Le Parisien du 25 septembre.

Un site pour accéder aux décisions de justice

L’association a mis en place un site internet (https ://www.justicepesticides.org) qui permettra à terme de « disposer de toutes les décisions rendues dans le monde à propos des pesticides et des références des études scientifiques ». Corinne Lepage a recensé 900 décisions de justice prises dans ce domaine, selon Le Parisien, « qui permettront de savoir comment réagir dans tel ou tel cas. Car j’ai pu constater que les mêmes gens racontent toujours les mêmes histoires. »

Le site permet d’effectuer des recherches grâce divers filtres (mots-clés, pays de juridiction, produits visés, type de plaignants, date de la décision…). Chacun peut enrichir la base de données en y entrant les affaires dont il a connaissance. Les contributions seront publiées après vérification par l’association.

La députée européenne Michèle Rivasi (EELV), la journaliste Marie-Monique Robin, le porte-parole de l’ONG Générations Futures François Veillerette, le céréalier Paul François, en procès contre Monsanto, et plusieurs militants, scientifiques ou juristes étrangers participent à cette initiative.

I.E., avec l’AFP