L'AGPB (Association générale des producteurs de blé) et l'AGPM (Association générale des producteurs de maïs) ont décidé, jeudi, de constituer un fonds de solidarité structurel en faveur des éleveurs, alimenté par une contribution volontaire des céréaliers et destiné à financer des actions structurelles. Ce fonds de solidarité « céréaliers-éleveurs » devrait être doté d'environ 100 millions d'euros.

L'objectif du fonds de solidarité est notamment « d'améliorer durablement la compétitivité des exploitations d'élevage », a expliqué le président de l'AGPB, Philippe Pinta. Par exemple en investissant dans la rénovation des bâtiments et en développant la méthanisation ou le photovoltaïque sur les exploitations pour assurer des compléments de revenus.

Les modalités de fonctionnement du fonds devraient être définies aux alentours du 11 septembre 2012, selon Philippe Pinta, date à laquelle s'ouvre le salon de l'élevage Space, à Rennes.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a salué, dans une réaction transmise par son cabinet, cette « décision qui va dans le sens souhaité par le président de la République et le gouvernement d'une prise en compte des difficultés des filières d'élevage liées à la hausse du prix des céréales ».

Ce fonds de solidarité fait partie d'un plan d'action « ambitieux », dans lequel les céréaliers proposent par ailleurs, pour faire face à la volatilité des cours, « de développer une politique contractuelle qui lisse les fluctuations excessives du marché, sur la base de l'accord du 15 juin 2011 passé entre céréaliers, organismes stockeurs, fabricants d'aliments et éleveurs. » Ce plan sera proposé le 11 septembre aux instances dirigeantes des deux syndicats céréaliers, pour décision à cette date.

En contrepartie, les organisations céréalières demandent certains gages au gouvernement, notamment sur la possibilité de « développer un système d'auto-assurance qui lisse leurs revenus d'une année à l'autre au travers d'une refonte du mécanisme existant de dotation pour aléas, pour disposer eux-mêmes de l'indispensable visibilité en cas de retournement du marché.

L'AGPB et l'AGPM demandent aussi « une disponibilité responsable des moyens de production indispensables à la régularité de la production, qui permette de produire plus avec moins d'impact (engrais, phytosanitaires, eau) ».

Enfin, les céréaliers souhaitent avoir l'assurance que la réforme de la Pac sera l'occasion d'une gestion des aides européennes qui respecte la productivité et ne crée, ni rupture dans sa mise en oeuvre, ni distorsions avec nos partenaires européens, notamment allemands.

« Nous attendons du gouvernement qu'il réponde aux questions de sa compétence afin de rendre ce plan d'actions possible et opérationnel. Par cette approche audacieuse, les céréaliers veulent, face à une situation exceptionnelle, être force de proposition et source de solidarité », déclarent Philippe Pinta et Christophe Terrain, président de l'AGPM.

« C'est évidemment une mesure qui va dans le bon sens », a déclaré Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP). « Je souhaiterais que cela nous aide à moderniser nos élevages », a-t-il souligné, insistant sur les « gros retards » qui existent.

« On ne peut que s'en féliciter », a confirmé Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB). Un avis partagé par Michel Prugue, président de la Confédération française de l'aviculture (CFA), qui estime que cela « peut être une bonne chose ».

La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) s'est félicitée dans un communiqué de cette initiative. « Ce fonds qui est destiné à venir en aide aux exploitations d'élevage, doit répondre aux besoins immédiats des éleveurs laitiers, précise-t-elle. Si ses modalités de fonctionnement ne sont pas encore définies, la FNPL plaide pour un système efficace et réactif visant à éviter un saupoudrage. »

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I.E.