Faisant suite à la table-ronde du 8 avril 2013 sur la filière laitière, « nous sommes aujourd'hui en mesure de faire des propositions concrètes, d'application immédiate et qui présentent l'avantage d'être juridiquement sécurisées », assure Michel-Edouard Leclerc sur son blog. Ce dernier propose la création d'un « fonds d'urgence de 180 millions d'euros » afin de soutenir les revenus des producteurs laitiers « dans les trois prochains mois ».

Il serait abondé « équitablement entre industriels et distributeurs », explique-t-il.

Du côté des transformateurs : « Pour 51 % de la production, le lait est destiné à l'exportation et à l'industrie (poudre de lait, beurre industriel, lactosérum, caséine). Ces productions industrielles échappent totalement aux enseignes commerciales françaises. » Aussi, il appartiendrait aux industriels d'établir la clé de répartition entre eux pour contribuer à ce financement.

Du côté des distributeurs : « Pour la grande distribution et l'ensemble des circuits de distribution concernés par la vente de produits de grande consommation écoulant environ 49 % des volumes de lait collectés en France (fromage, beurre, lait de consommation, yaourts, desserts, crème), leur part dans l'enveloppe globale serait donc évaluée à 89 millions ». Ce financement pourrait être « intégralement assumé par les distributeurs, sans cofinancement réclamé aux industriels, en contrepartie de leur engagement à assumer le soutien aux producteurs pour la partie exportation/industrie dont ils ont seuls la maîtrise », indique « MEL », précisant que « la clé de la contribution de chacun des distributeurs pourrait par exemple reposer sur la part de marché que chaque enseigne représente sur ce secteur ».

Et les Centres E. Leclerc d'assurer avoir « d'ores et déjà pris leurs dispositions pour provisionner leur quote-part (qui représente environ 12 millions d'euros, soit plus de la moitié de l'enveloppe proposée par les pouvoirs publics le 21 mars au congrès de la FNPL !) et sont prêts à la verser sans délai dans un fonds d'urgence qui serait créé ».

Voilà de quoi animer les discussions à venir et, pourquoi pas ? faire avancer les négociations. Jeunes Agriculteurs et les associations spécialisées de la FNSEA ont prévenu : « Les éleveurs doivent avoir un résultat concret dès le paiement du lait du mois d'avril. »

Alain Cardinaux