Industriels et producteurs ont entamé lundi un nouveau cycle de négociations sur le prix du lait avec l'espoir cette fois de débloquer ce conflit enlisé depuis des semaines, qui a mobilisé de nombreux éleveurs sur le terrrain.

Les négociations ont débuté au début de l'après-midi à Paris. Elles ne se sont pas tenues à l'endroit prévu, la Confédération paysanne ayant fait savoir son intention de perturber les débats pour exiger d'y participer.

Les dernières discussions officielles remontaient au début de novembre. Elles s'étaient soldées par un échec, les parties ne parvenant pas à s'entendre sur le prix du lait pour la fin de cette année et le début de 2009.

«Il faut tout faire» pour sortir de cette situation de crise, avait déclaré à la fin de la semaine dernière Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA. Selon lui, l'absence d'accord «amplifierait la crise».

Les discussions ont lieu au sein du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), qui rassemble les principaux acteurs de la filière.

Autour de la table, les producteurs, représentés par la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), les industriels, regroupés au sein de la Fédération nationale des industries laitières (FNIL), et les coopératives représentées par la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL).

Le ton semblait à l'optimisme. Surtout depuis que les producteurs de la FNPL se sont déclarés jeudi dernier prêts à une baisse «supportable» des prix du lait. Une concession jugée «assez encourageante» à la FNIL. Pour les industriels, «s'il n'y a pas d'accord lundi, ce sera très grave». La FNCL se déclarait elle aussi «assez optimiste» après cette ouverture.

L'objectif est de se mettre d'accord sur les prix du lait collecté en novembre et décembre et au premier trimestre de 2009. Dans un second temps, il s'agira de s'entendre sur un nouveau système de calcul des prix, plus réactif aux conditions du marché.

Ces dernières années, le prix du lait faisait l'objet d'une recommandation de l'interprofession. Mais cette pratique a dû cesser après une injonction de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour distorsion de concurrence.

Cette décision a fragilisé la filière. Elle est aussi intervenue au plus mauvais moment, alors que les marchés de matières premières agricoles et énergétiques connaissaient une volatilité sans précédent.

Les industriels souhaitent une baisse importante du prix du lait. Ils mettent en avant la diminution de la consommation et «la descente aux enfers» des prix des produits industriels (poudre de lait et beurre) sur les marchés mondiaux.

De leur côté, les producteurs font valoir la hausse de leurs charges (entre 18 et 20%) comme le gazole, l'alimentation des animaux ou encore les engrais.

Le prix du lait collecté en octobre a déjà baissé de quelque 30 euros pour 1.000 litres. Et la FNPL ne voulait pas aller plus loin.

Pour le premier trimestre de 2009, les industriels souhaitaient initialement une baisse de 100 à 120 euros, mais devraient revoir nettement ces prétentions dans un souci d'apaisement.