Pour cela, le syndicat revendique un prix du lait à 450 €/1 000 litres, estimant que ce montant, beaucoup plus élevé que les prix pratiqués actuellement, n’est pas un prix « démagogique » compte tenu « de l’importante durée de travail hebdomadaire et des contraintes générées par la production laitière (astreintes de nuit, travail dominical, administratif en soirée…) ».

« Excessif »

Il s’appuie sur le constat de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) d’un coût moyen de production 364 €/1 000 litres de lait hors rémunération de la main-d’œuvre, et d’une rémunération de la main-d’œuvre non salariée de 0,6 Smic en 2016 pour les exploitations en système « lait et culture de vente ». « Affirmer que 450 € est un prix excessif, c’est se soumettre à ceux qui veulent condamner les producteurs à produire à perte ! Nous ne pouvons l’accepter ! », proteste Véronique Le Floc’h, responsable de l’Organisation des producteurs de lait (OPL), branche laitière de la CR.

Pour rémunérer les producteurs à 1,5 Smic, soit à peu près le salaire moyen des Français, il faudrait donc un montant de 450 €/1 000 litres. « À quelques exceptions près, les prix actuels, tout comme ceux revendiqués à 340 € les 1 000 litres, sont bien loin de le permettre… », souligne la CR.

« Défense de la préférence communautaire »

Pour y parvenir, la CR « l’inscrit dans une défense de la préférence communautaire et la recherche d’un équilibre offre/demande à l’échelle européenne. Dans ce cas, seuls les excédents seraient écoulés au prix du marché mondial. De ce fait, les prix payés aux producteurs n’auraient plus à se caler sur les prix mondiaux. »

E.C.