« On ne peut pas dire qu’on a été saoulé jusque-là par les discours agricoles des candidats », a lâché le nouveau président de l’APCA, Claude Cochonneau, lors de ses vœux à la presse, le mercredi 18 janvier 2017. Un euphémisme qui traduit son amertume face aux programmes présentés lors des primaires de la droite et de la gauche. « Ils ne sont pas à la hauteur des ambitions agricoles d’un pays comme la France, a-t-il ajouté, mais ne désespérons pas, ça peut encore venir ! »

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture profitera du Salon de l’agriculture, qui ouvrira ses portes le 25 février prochain, pour mettre la pression aux candidats. Un document leur sera remis, résumant les propositions des chambres pour le secteur. Il devrait y être question d’assurances climat et revenu, d’aménagement des territoires, mais aussi de normes, pour interpeller les politiques sur « la flopée de mesures franco-françaises qui pèsent sur notre compétitivité ». Au niveau européen, « nous comptons sur le futur président de la République pour peser dans les débats », a insisté Claude Cochonneau, n’hésitant pas à prendre en exemple Stéphane Le Foll, « qui a mouillé sa chemise sur le dossier du lait ».

Questions budgétaires

Pas question pour autant de soutenir un candidat plus qu’un autre. L’APCA attend par ailleurs l’élection de mai 2017 pour aborder avec la nouvelle équipe gouvernementale des questions plus pointues, comme celle du budget des chambres.

La restructuration du réseau, avec le renforcement des Régions, la fusion des chambres régionales et les mouvements de salariés, ne se fait pas sans mal. La FGA-CFDT avait d’ailleurs alerté sur ce point à la fin de 2016, dénonçant le manque d’accompagnement du personnel. « Il y a des enjeux sociaux et budgétaires importants », reconnaît Dominique Chalumeaux, secrétaire général de l’APCA. Mais il se veut optimiste : « Le transfert des supports et des ressources à l’échelle régionale devrait à terme dégager des moyens pour continuer à développer des services aux agriculteurs, dans un secteur où la concurrence se renforce. » Le quinquennat à venir apportera-t-il aux chambres un soutien financier ?

En attendant de le savoir, l’APCA poursuit ses réflexions sur des systèmes d’exploitation capables de résister aux fluctuations du marché, selon les territoires. Avec ce constat formulé par Claude Cochonneau : « L’agrandissement des exploitations n’est pas la solution miracle. Au contraire, c’est l’agrandissement qui, dans certains cas, est responsable des problèmes financiers ! » Un débat de plus à mener en vue de la présidentielle.

Alain Cardinaux