Michèle Boudoin, de la Fédération nationale ovine, a livré ses réactions à chaud, mais compte bien étudié de près les dix-sept pages de la proposition. Elle a noté « des progrès, mais peut mieux faire », estime-t-elle. Le droit de défense des troupeaux semble avoir été intégré au nouveau plan. « Mais il reste toujours encadré par des plafonds », souligne-t-elle. La représentante syndicale insiste sur le fait que le plan loup ne doit pas être discriminant et reste sur sa position de « Zéro attaque sur les troupeaux ». « Il faut pouvoir apprendre au loup à avoir peur d’approcher des troupeaux », insiste-t-elle.

La Coordination rurale (CR) a indiqué sa sidération vendredi à la sortie de la réunion dans un communiqué de presse. « La cohabitation est impossible avec le prédateur », a rappelé le syndicat qui souhaite que la façon d’appréhender le loup sur le territoire soit modifiée en profondeur.

La CR souhaite que la gestion du loup en France se fasse sur le même principe que dans d’autres États membres. « Une dizaine de pays de l’Union européenne (dont l’Espagne, la Bulgarie, la Grèce et la Pologne) ont refusé de ratifier la convention de Berne et la directive habitats dans leur intégralité. Ainsi, leurs populations lupines ne sont pas inscrites en annexe V de la directive habitats, ce qui implique une protection moins absolue, permettant ainsi une plus grande latitude pour prendre des mesures de contrôle des populations. »

Pour la Confédération paysanne, « la détresse des éleveurs n’est toujours pas prise en compte, car la notion de plafond de prélèvement de loups est encore au centre du dispositif malgré l’échec des Plans précédents », a-t-elle réagi dès vendredi. Les militants regrettent que leur demande de réaliser des prélèvements en fonction des attaques sur les troupeaux n’ait pas été prise en compte. Idem pour les tirs de défense en cœur de parc : « Ils ne sont toujours pas à l’ordre du jour. »

La conditionnalité entre indemnisation des victimes et moyens de protection a été modifiée, mais la proposition n’est toujours pas satisfaisante pour le syndicat qui signale que « le plan se fixe un objectif seuil de 500 loups avant la fin du quinquennat mais ne répond en aucun cas à la question centrale pour nous : combien d’éleveurs et bergers en 2023 et avec quel modèle d’élevage ? »

Les élus de l’Usapr (Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales) sont aussi très déçus de la proposition. « Ce plan est intolérable pour les professionnels de l’élevage tout comme la vie des territoires, a commenté Pierre-Yves Bonnivard, président de l’association. On continue dans la même logique de protection et des quotas alors que ça fait 25 ans qu’on voit que ça ne fonctionne pas. »

M.-F.M.