Un comité de soutien s'est constitué pour défendre un agriculteur breton auquel pourrait être réclamé, s'il perd en appel, plus d'un million d'euros de dommages et intérêts après la destruction d'un portique écotaxe dans les Côtes-d'Armor en 2013, a-t-on appris auprès de l'intéressé.

L'agriculteur, Joseph Baron, 53 ans, conseiller municipal depuis 2002, a été condamné en mai à trois mois de prison avec sursis pour « complicité ». Un autre prévenu, chauffeur-routier, a été condamné à six mois avec sursis.

Lors de ce procès, Ecomouv, la société chargée de collecter l'écotaxe, et l'État ont réclamé plus d'un million d'euros de dédommagements aux deux hommes, dont 931.000 euros pour Ecomouv.

L'agriculteur, qui a toujours affirmé avoir agi sous la contrainte, a fait appel de sa condamnation. La date du procès en appel n'a pas été fixée.

La justice reproche à l'agriculteur d'avoir acheminé dans un champ proche du portique de Lanrodec des pneus qui ont servi à y mettre le feu.

Le 3 novembre, a expliqué mardi l'agriculteur à l'AFP, il était chez un collègue quand un de ses enfants l'a prévenu qu'« il se passait des choses à la ferme », située à proximité de la quatre-voies où se déroulait la manifestation.

Sur place, il voit trois hommes « en train de charger des pneus (utilisés pour maintenir les bâches, ndlr) dans la remorque de mon tracteur », avec l'intention de les emmener à proximité du portique. Après une vive discussion il décide de conduire lui-même le tracteur pour emmener les pneus avant de rentrer chez lui.

Selon son avocat Me Jacques Demay, Joseph Baron « a été contraint et forcé, ce n'est pas son libre-arbitre ». Aussi conteste-t-il sa mise en examen pour « complicité » en février.

Ce portique situé sur la N12 entre Saint-Brieuc et Brest, a été détruit le lendemain de la première grande manifestation des Bonnets rouges, à Quimper, contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne.

Une douzaine d'autres portiques écotaxe ont été détruits ou rendus inopérants dans l'Ouest depuis un an, des actions que le mouvement des Bonnets rouges n'a ni revendiquées ni désavouées.