« Depuis près de cinq ans, les éleveurs de porcs bretons perdent 150 millions d'euros par an, soit près de 45.000 € par exploitation chaque année ! A quand une prise en considération des éleveurs ? », déclare vendredi dans un communiqué la FDSEA du Finistère.

« Les industriels du porc se disent coincés entre la hausse des prix d'achat aux éleveurs et la difficulté de répercuter ces hausses auprès des GMS. Comment peuvent-ils se plaindre de la hausse des prix auxquels nous vendons nos cochons ? Le prix du porc a certes augmenté de 14,3 % en 2011, mais cela reste inférieur à la hausse des charges de production de 20 % ! Il faut regarder au niveau des GMS : combien de temps encore allons-nous nous laisser faire ? Les marges prises par la grande distribution lors de la vente de nos produits sont aberrantes, et c'est toute la filière française qui en pâtit », explique la FDSEA 29.

« Les distorsions de concurrence par rapport à l'Allemagne, notamment au niveau du coût du travail, sont une évidence. Mais, la FDSEA ne se satisfait pas de ce seul argument face à un écart de prix payé aux éleveurs allant jusqu'à 8 centimes le kilogramme entre les deux pays ! Cet écart qui ne cesse de perdurer, ne serait-il pas dû à un manque d'agressivité de nos structures qui ont accepté des marges arrière avec les abattoirs ? Le différentiel franco-allemand conduit à un marché léthargique qui nous amène aujourd'hui à poser la question de la compétitivité de l'abattage-découpe, secteur en surcapacité industrielle », poursuit le communiqué.

« Là où le Sniv (Syndicat national des industriels de la viande) redoute une restructuration du secteur de l'abattage, la FDSEA demande au Sniv et aux organisations de producteurs de prendre leur courage à deux mains et d'initier cette restructuration. Ce n'est qu'à ce prix-là que nous pourrons retrouver de la compétitivité ! D'après le rapport du CGAAER (Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux) publié le 9 mai 2012 et intitulé “Quel avenir pour la filière porcine ?”, c'est une recommandation de première priorité pour redresser la filière à long terme : “Réduire, à l'initiative des entreprises, la capacité d'abattage en Bretagne pour améliorer la compétitivité de ce secteur”. »

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