Les éleveurs de porcs bretons ont demandé mardi à être reçus par les ministres de l'Agriculture et de l'Écologie, Stéphane Le Foll et Delphine Batho, dont ils attendent des décisions pour préserver, assurent-ils, plus de 3.000 emplois en Bretagne.

Les ministres « doivent prendre des décisions visant à simplifier les procédures administratives » en matière d'élevage porcin, a déclaré lors d'une conférence de presse à Rennes Philippe Bizien, président du Comité régional porcin (CRP).

Le CRP et l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) ont élaboré et chiffré leur contribution à un plan pour, assurent ces deux instances, « préserver 3.100 emplois » dans leur filière.

D'un montant de 524 millions d'euros, ce plan « vise à moderniser les élevages pour gagner en compétitivité et maintenir le volume de production en Bretagne », a expliqué le président de l'UGPVB, Michel Bloc'h.

Les décisions politique attendues « n'entraînent pas de dépenses publiques et ne modifient en rien les normes environnementales », a affirmé M. Bloc'h.

Ces dernières années, le cheptel porcin est en baisse en Bretagne (58 % de la production porcine en France), du fait en particulier du coût des mises aux normes des élevages et parce que le cours de la viande porcine ne couvre même pas le prix de revient pour le producteur, en raison de la hausse de l'aliment, selon les producteurs.

Cette baisse de la production va se traduire inévitablement par la perte d'emplois industriels, notamment dans les abattoirs déjà pris en étau entre la hausse du prix du porc et la pression de la grande distribution pour maintenir des prix bas.

Le résultat est que depuis des mois plusieurs abattoirs ne fonctionnent plus à leur pleine capacité. L'un des poids lourds bretons du secteur, Gad, a ainsi convoqué mercredi un CCE extraordinaire sur la situation économique de l'entreprise à Quimperlé (Finistère).

Gad, qui réunit abattoirs et unités de transformation sur plusieurs sites en Bretagne, est détenu à 65 % par la coopérative morbihannaise Cecab et à 35 % par le groupement de producteurs de porcs Prestor.

Selon les syndicats, les pertes d'exploitation sont actuellement de l'ordre de 300.000 euros par semaine. Leur crainte est de voir annoncer la fermeture de l'un des deux abattoirs Gad qui emploient, pour l'un, 850 salariés et, pour l'autre, 650.