François Valy, le président de la section porcine de la FRSEA Bretagne, affirme dans un billet d'humeur diffusé vendredi que « c'est l'engagement de chacun, le regroupement de l'offre et une réelle politique de filière commune qui donneront un avenir à la production porcine bretonne ».

Il souligne que malgré un prix de base du porc sur les sept premiers mois de l'année au « plus haut depuis dix ans », les éleveurs « s'enlisent dans une crise dont ils ne voient pas l'issue ! Pire, ils se sentent floués, bernés, escroqués ! »

Le syndicaliste demande aux groupements de producteurs, aux abatteurs et aux transformateurs de cesser de se faire concurrence au profit de la grande distribution et des bassins européens de production concurrents de la France.

« Pour le maintien de la filière porcine bretonne et française, il est plus que temps que chacun prenne ses responsabilités et que l'on s'inscrive dans une démarche de filière, collectivement, au sein de nos structures tant régionales que nationales ! », explique François Valy.

Il invite les producteurs à reprendre en main la commercialisation des porcs. Et à mettre en place « un pool de vente commun à tous les groupements [...] face aux acheteurs [...] de moins en moins nombreux. Pour cela, il faut être capable de ne pas garantir aux abattoirs 100 % de leur approvisionnement en direct. Il faut diversifier les circuits de commercialisation : contractualisation d'une partie de la production, vente au cadran et même développer le système de marché à livraison différée ! »

Du côté de l'amont, François Valy s'interroge sur « l'augmentation du prix de l'aliment de 100 €/t entre 2009 et 2010 alors que le prix du blé payé aux producteurs n'a connu qu'une augmentation de 50 €/t sur cette même période ». Il reprend l'idée de « rapprochements avec le monde céréalier pour [...] faire émerger une nouvelle forme de contractualisation sur l'aliment du bétail qui permettrait d'en limiter les hausses intempestives ».

E.R.