Si la Confédération paysanne (CP) est « agréablement surprise de l'intérêt que [lui] porte le corps institutionnel depuis les élections, et notamment les parlementaires », elle dénonce, « en même temps, l'incapacité du gouvernement à donner des signes concrets », son « attentisme » et son « immobilisme ». « Nos attentes sont intactes », a souligné Philippe Collin, porte-parole du syndicat, mardi au Salon de l'agriculture (SIA).

« Pour toute réponse, le ministère de l'Agriculture nous propose la majoration des 50 premiers hectares, dont le principe a été acté la veille par les 27 ministres lors d'un conseil européen. La CP réclame au moins le doublement des aides sur ces surfaces, avec un recouplage maximal des aides à l'élevage », notamment PMTVA (prime à la vache allaitante) et plan protéines. « Plus ce sera rapide, plus ce sera efficace. Il ne faut pas prendre le risque de laisser disparaître trop d'exploitations. »

Le syndicat attend aussi des changements réglementaires « car la Pac ne va pas tout régler ». Il attend notamment beaucoup de la future loi d'avenir dans quatre domaines :

- l'organisation des filières (recherche de prix rémunérateurs, réappropriation des coopératives par les producteurs, pluralisme dans les interprofessions, gouvernance dans les chambres d'agriculture...) ;

- l'installation et son corollaire, le foncier (remise à plat du dispositif, du statut des cotisants solidaires, la substitution de dotations de carrières aux prêts bonifiés pour éviter la concentration du capital...) ;

- le renforcement du contrôle des structures (parts sociales, transmissions familiales) ;

- l'accompagnement dans la façon d'exercer le métier de paysan (relocalisation des productions et de la commercialisation).

Arielle Delest