Il existe de plus en plus de cas d'insectes résistant à la protéine Bt de plantes génétiquement modifiées pour être protégées contre leurs attaques, affirme une étude publiée le lundi 10 juin 2013 dans Nature Biotechnology. Mais l'apparition de la résistance à la protéine chez les insectes ciblés varie en fonction des pratiques agricoles, précise l'étude.

Les auteurs de ces travaux ont passé en revue 77 études conduites dans huit pays et cinq continents à partir de données issues de champs abritant des OGM, principalement du maïs et du coton génétiquement modifiés pour synthétiser la protéine Bt d'origine bactérienne (Bacillus thuringiensis, Bt), toxique pour les ravageurs.

Sur les 13 types de ravageurs étudiés, cinq espèces étaient devenues résistantes en 2011, contre une seule en 2005. Le ravageur est considéré comme résistant lorsque plus de 50 % des insectes d'un champ ont développé cette résistance.

Sur les cinq insectes résistants, trois s'attaquent aux champs de coton et deux aux cultures de maïs.

Trois des cinq cas de résistance ont été recensés aux Etats-Unis, qui abritent la moitié des surfaces d'OGM produisant la protéine Bt, les deux autres en Afrique du Sud et en Inde.

Un autre cas de résistance a été repéré aux Etats-Unis, mais moins de 50 % des insectes du champ étaient devenus résistants.

Dans ce contexte, les scientifiques ont aussi démontré que le délai de survenue de la résistance variait de manière significative en fonction des pratiques agricoles.

Dans le pire des cas, les signes de résistance sont apparus au bout de deux ou trois ans, alors que dans d'autres cas les plantes OGM étaient toujours efficaces contre les ravageurs 15 ans plus tard.

La différence vient de la pratique ou pas de « zones refuges», soit des parcelles de plants non OGM plantés à côté de champs OGM. Cette configuration réduit la probabilité que deux insectes résistants se reproduisent en transmettant chacun le gène de résistance à la protéine Bt. Pour qu'un insecte naisse résistant, il faut que ces deux parents lui transmettent le gène de résistance à la protéine.

Les auteurs de l'étude estiment qu'une adaptation des ravageurs aux plants OGM Bt est inéluctable (c'est le principe même de l'évolution, NDLR, processus qui n'est donc pas spécifique aux OGM) mais que les zones refuges permettent de la ralentir.

Des plants d'OGM Bt ont été plantés dans plus de 420 millions d'hectares dans le monde depuis le milieu des années 1990.

B.V. avec l'AFP