France Nature Environnement a réagi vendredi au fait que Manuel Valls confie au député Dominique Potier (PS, Meurthe-et-Moselle) la mission de rédiger une nouvelle version du plan Ecophyto. L'organisation environnementale ne veut pas de « version light » et demande que soit « gardé le cap » pour réduire de moitié l'usage des pesticides en France d'ici à 2018.

Reverdir d'urgence la Pac pour l'utiliser comme levier « Dominique Potier a annoncé vouloir s'appuyer sur la Pac pour faire évoluer les pratiques agricoles », explique FNE, qui « soutient cette orientation mais rappelle que les arbitrages sur la mise en oeuvre en France de la nouvelle Pac 2014-2020 sont quasi finalisés et qu'ils ne vont pas dans le bon sens. »

« Pour que la Pac soutienne la réduction de l'usage des pesticides, la fédération demande de toute urgence :

- de renoncer à la monoculture de maïs et d'appliquer à toutes les exploitations agricoles l'obligation de diversifier les assolements,

- d'interdire les pesticides sur les « surfaces d'intérêt écologique » (haies, bosquets, mais aussi certaines surfaces cultivées), obligatoires sur toutes les exploitations agricoles dans le cadre du « verdissement » des aides directes de la Pac et de l'objectif impératif de bon état de nos eaux tant superficielles que souterraines

- de mettre en place des incitations à la diminution de l'usage de pesticides par des mesures agroenvironnementales et climatiques réellement ambitieuses. »

FNE demande enfin « que soit réformée la redevance pour pollutions diffuses payée aux agences de l'eau afin que celle-ci concerne tous les pesticides et que son montant soit augmenté. La somme ainsi recueillie permettrait d'encourager les agriculteurs  mettant en place de bonnes pratiques, en priorité sur les périmètres de protection de captages d'eau potable. »

Jean-Claude Bévillard, vice-Président de FNE en charge des questions agricoles, conclut : « Nous avons été partie prenante et force de propositions dès le début de l'élaboration de ce plan au moment du Grenelle. Nous continuerons à l'être pour cette nouvelle version et veillerons à ce que toutes les mesures soient prises pour enclencher un véritable changement de système agricole tourné vers l'agroécologie. »