La Coordination rurale (CR) et sa branche OPG (Organisation des producteurs de grains) se dit satisfaite du plan de soutien à la trésorerie annoncé hier par le ministère de l’Agriculture. Mais elle « souhaiterait voir l’interprofession et les organismes stockeurs (OS) manifester leur solidarité en appliquant, eux aussi, des mesures d’urgence ».

« Les annonces du gouvernement sont un signe positif pour les agriculteurs, signe que nous prenons avec des pincettes puisque leur impact dépendra seulement de l’ampleur des pertes qui seront évaluées au cours des semaines à venir », exprime jeudi le syndicat agricole.

Par ailleurs, « avec l’empressement auquel se livrent certains opérateurs en important des céréales en provenance de l’Europe de l’Est, les producteurs de grains craignent qu’ils n’aient pas à espérer de leurs partenaires une grande solidarité pour traverser la crise qui les attend, jugent la CR et l’OPG. Au contraire, ces importations satisfont les financiers qui ne répercutent pas la faiblesse de nos récoltes sur les cours actuels. »

Vente directe des grains entre céréaliers et éleveurs

La CR rappelle que « les récoltes de 2016 sont marquées par des faibles rendements, des faibles poids spécifiques et des taux de protéines élevés. Des débouchés comme la minoterie, les fabriques d’aliments, les semouleries pour les blés durs sont à même de valoriser positivement ces lots. Il est donc impératif que l’interprofession mette en place des grilles de bonification (alors qu’il n’existe aujourd’hui que des grilles de réfaction) des protéines afin de donner une juste valeur à ces grains. »

Et la Coordination rurale et l’OPG estiment que des mesures supplémentaires doivent être mises en place : par exemple autoriser la vente directe des grains entre céréaliers et éleveurs et suspendre les CVO (cotisations volontaires obligatoires) destinées à financer les interprofessions où certaines opérations de recherche, qui « devraient être suspendues au moins provisoirement. »

« Au-delà de la moisson et pour les préparatifs des ensemencements d’automne, les lots récoltés n’ayant pas subi de phénomène de prégermination pourront servir à formuler des semences de ferme, estime la CR. Les triages et traitements adaptés sont à envisager sitôt la récolte et après contrôle du taux de germination. Pour une variété donnée, les semences ainsi obtenues n’auront aucune dévalorisation génétique par rapport à des semences certifiées avec un coût de revient réduit de trois quarts. »

La Coordination rurale et l’OPG estiment que « le gouvernement ne pourra pas résoudre la crise agricole si les acteurs de la filière ne participent pas eux aussi activement ».

I.E.