Le sénateur écologiste Joël Labbé et le député du PS Germinal Peiro ont déposé une proposition de résolution pour l'interdiction en Europe des insecticides néonicotinoïdes, que les apiculteurs accusent d'être à l'origine de la disparition de colonies d'abeilles, a annoncé vendredi l'élu EELV (Europe Ecologie Les Verts).

Cette proposition de résolution invite le gouvernement français à agir auprès de l'Union européenne pour l'interdiction totale de ces insecticides. « Ces substances neurotoxiques ont en effet été reconnues comme une des causes de l'effondrement des colonies d'abeilles observé par les apiculteurs et les scientifiques », précise dans un communiqué le sénateur du Morbihan, qui qualifie la situation d'« urgente » : « Les pollinisateurs participent en effet à 35 % de la production alimentaire mondiale et ont un rôle important pour la biodiversité », souligne-t-il.

De plus, indique-t-il, l'effet de ces molécules ne se limite pas aux insectes puisque « des rapports scientifiques de plus en plus nombreux mettent en avant les risques liés à ces substances pour la biodiversité, mais aussi la santé humaine ». « Face à ces risques, le principe de précaution doit être respecté », écrit-il.

M. Labbé ajoute que si la Commission européenne a prononcé un moratoire pour l'interdiction de trois substances néonicotinoïdes pour deux ans en 2013, « ces insecticides restent largement utilisés sur le territoire ».

« La France, qui a pour ambition d'être un leader de l'agroécologie, se doit de privilégier les modèles alternatifs respectueux des insectes pollinisateurs », affirme M. Labbé.

« En tant qu'apiculteur amateur et étant rapporteur de la loi sur l'agriculture, l'alimentation et la forêt, il m'apparaît urgent et impératif de lutter inlassablement contre la disparition des pollinisateurs », souligne de son côté M. Peiro.

L'initiative de MM. Labbé et Peiro est soutenue par 173 parlementaires venant de différents partis comme la centriste Chantal Jouanno ou l'UMP François Grosdidier.