Les députés ont voté jeudi soir lors de la deuxième lecture du projet de loi sur la biodiversité, l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes, via un amendement du PS. Cette interdiction est toutefois reportée au 1er septembre 2018, alors qu’en commission, elle prenait effet au 1er janvier 2017. Ce vote a provoqué de nombreuses réactions.

Au terme d’un débat intense de plus de deux heures sur une quarantaine d’amendements et sous-amendements, où la droite et quelques socialistes ont cherché à contrer une telle issue, les députés ont adopté par 30 voix contre 28, un amendement en ce sens du président de la Commission du développement durable, Jean-Paul Chanteguet. Selon lui, l’objectif est « d’adresser un signal fort aux groupes chimiques, aux agriculteurs et à l’exécutif ».

Un arrêté fournira « des réponses concrètes aux exploitations agricoles, confrontées à la brusque apparition d’un ravageur, qui pourrait compromettre leurs récoltes ». Et la liste des alternatives aux néonicotinoïdes sera déterminée sur la base d’un avis de l’Anses (Agence française de sécurité sanitaire des aliments).

Passer l’étape de la deuxième lecture au Sénat

« Le législateur doit prendre ses responsabilités en interdisant l’utilisation de ces molécules, tout en permettant à la profession agricole de s’adapter », plaide l’auteur de la mesure dans son exposé des motifs.

Les députés LR et UDI, dont certains ont reproché aux partisans d’une interdiction générale de « rechercher une victoire symbolique, politique, médiatique », ont martelé que la mesure allait encore « pénaliser » des agriculteurs français, déjà en crise, ou qu’il n’y avait pas jusqu’alors d’alternatives moins nuisibles.

« 2018 fait un peu moins couteau sous la gorge que 2017 et permet d’avancer », a jugé Barbara Pompili, secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, se montrant aussi favorable à des dérogations dans certains cas. Toutefois, un amendement de la rapporteure, la socialiste Geneviève Gaillard prévoyant explicitement des dérogations ponctuelles a, lui, été rejeté.

Le texte doit encore passer l’étape de la deuxième lecture au Sénat. Or, en première lecture, les sénateurs avaient supprimé l’interdiction.

I.E., avec l’AFP