Samedi à Ruffec (Charente), une dizaine d'agriculteurs dont l'intoxication par les phytos a été reconnue comme maladie professionnelle, ou est en cours d'examen, lancent une association nationale d'aide et de défense aux victimes des pesticides, épaulés par le mouvement écologiste Générations Futures (ex-MDRGF).

Cette association qui pourrait prendre le nom de « Phyto Victimes » (le nom devait encore être validé par ses fondateurs au moment de notre bouclage) verra le jour en assemblée constitutive samedi après-midi, après une matinée de débat et d'interventions sur le sujet des phytosanitaires.

Un médecin du travail et un généraliste, un médecin de la MSA, et deux avocats répondront aux questions de la centaine de participants attendus à partir de 8h30 à la Canopée de Ruffec, détaille Nadine Lauverjat, chargée de mission de Générations Futures, qui suit le lancement de cette nouvelle association. La MSA en profitera pour présenter une fois encore son réseau de toxicovigilance Phyt'Attitude.

Son rôle sera « d'apporter un conseil scientifique et juridique aux utilisateurs professionnels des produits phytosanitaires – pas seulement les agriculteurs – afin de faire évoluer les pratiques agricoles », précise Nadine Lauverjat.

L'association compte parmi ses membres fondateurs le céréalier ruffécois, Paul François, en croisade contre Monsanto depuis son intoxication au Lasso en 2004. L'une des réunions préparatoires au lancement de cette association, en janvier 2010, chez Paul François, constitue d'ailleurs le début du documentaire à sensation de Marie-Monique Robin « Notre poison quotidien », diffusé mardi 15 mars sur Arte, ajoute volontiers Nadine Lauverjat. Il a connu un record d'audience ce soir-là.

La chargée de mission explique que malgré l'intérêt exprimé par plusieurs particuliers, les organisateurs de la conférence l'ont strictement réservée aux professionnels utilisateurs de phytos et aux journalistes.  « On ne veut pas que ça déborde sur le débat des pesticides », a prévenu Paul François, dans les colonnes du quotidien régional Sud-Ouest, vendredi. « On ne veut pas que le débat soit pollué par la place des pesticides dans la société », a-t-il précisé.

Nadine Lauverjat ajoute : « Une autre association, de structure identique, verra le jour d'ici à avril 2011 pour les particuliers », une « passerelle » étant prévue entre les deux associations. En attendant le site internet qui sera consacré à la nouvelle association d'accompagnement des utilisateurs professionnels de phytos, Générations futures les renvoie vers l'adresse www.victimes-pesticides.fr.

Nul ne doute qu'à la veille du lancement de la « Semaine sans pesticides », organisée pour la sixième année par Générations Futures, et quelques jours après la diffusion du documentaire de Marie-Monique Robin, l'impact public de cette initiative jusqu'ici relayée principalement dans la presse généraliste , risque d'être d'envergure.

B.V.