Interrogé le 23 août 2019 par la plateforme en ligne Konbini, le chef de l’État a été interpellé, via une vidéo enregistrée, par le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) qui a pris, le 18 mai, un arrêté interdisant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à moins de 150 mètres des habitations. « Madame la préfète de la République vient de saisir le tribunal administratif pour suspendre cet arrêté, trouvez-vous cela normal », lui a ainsi demandé Daniel Cueff.

« Changer la loi »

« Ce qui est vrai c’est que nous devons aller vers un encadrement des zones d’épandage de pesticides, a lancé le chef de l’État devant la caméra. On l’a vu pour les populations qui vivaient à côté des vignes ou d’autres qui vivaient à proximité de productions où il y avait beaucoup d’épandages. Il y a des conséquences sur la santé publique. Il faut arrêter de dire des bêtises, il y en a. »

« C’est à nous maintenant d’arriver à changer la loi, d’avoir aussi des discussions avec les agriculteurs pour que cela leur permette de fonctionner car tout cela, cela a un coût pour eux, mais je pense qu’il faut le faire très vite. Donc Monsieur le maire, il a raison sur ses motivations. »

Un soutien de poids

Toutefois, « il y a des lois, [la préfète] doit les faire respecter, donc je serai toujours derrière les préfets qui font respecter les lois », a d’abord plaidé Emmanuel Macron, estimant que « la solution n’est pas de prendre un arrêté qui n’est pas conforme à la loi » mais plutôt « de mobiliser pour changer la loi. J’ai demandé à la préfecture de trouver une solution concrète pour cette commune. »

La décision du tribunal administratif de Rennes est attendue la semaine prochaine et la justice est saisie à Rouen pour un cas similaire d’arrêté municipal dans l’Eure. « Je le soutiens dans ses intentions », a insisté Emmanuel Macron. « Mais je ne peux pas être d’accord quand on ne respecte pas la loi, c’est normal, et ça, on va le changer vite. »

Plus largement au sujet de l’écologie, « j’avais des convictions, j’ai changé ces derniers mois, très profondément, a martelé le chef de l’État, interrogé le 23 août 2019 par la plateforme en ligne Konbini. J’ai aussi beaucoup lu, beaucoup appris. Les scientifiques se sont également beaucoup mobilisés et je pense qu’on a tous à apporter une part de réponse », a-t-il insisté, ajoutant que les manifestations de jeunes pour le climat l’avaient « fait réfléchir ».

E.R., avec l’AFP