Les prises de position du gouvernement français en matière de pesticides ne réjouit pas, loin s’en faut, les industriels des produits phytosanitaires. « On va finir par tirer un trait sur l’agriculture française », a tempêté Nicolas Kerfant, président de l’Union des industries de protection des plantes (UIPP), lors d’une conférence de presse mercredi 6 décembre à Paris.

« On nous dit qu’il faut produire sans pesticides, mais les maladies ne vont pas s’arrêter aux portes de la France ! Dans le contexte de mondialisation et de compétitivité actuel, il n’est pas possible de se passer de pesticides », affirme celui qui est également directeur général de la division Agro de BASF France.

Le risque, selon lui, si la France continue de jouer cavalier seul, est que les gros industriels se désintéressent du marché français. Or, « la France a une très large diversité de productions, qui nécessite une diversité importante de produits. Si les produits disparaissent, les productions risquent aussi de disparaître ».

Un dialogue à engager avec les citoyens

L’UIPP, association qui défend les intérêts des entreprises de la protection des plantes au niveau national, a indiqué avoir mis en place cette année des « ateliers citoyens » afin de recueillir l’avis de la société civile sur la protection des plantes. Plus de 150 personnes, habitant en ville ou à la campagne, ont été rencontrées.

« Ces rencontres ont permis de mieux cibler les attentes de citoyens et d’identifier trois grands axes d’engagements », a rapporté Eugénia Pommaret, directrice générale de l’UIPP. Le premier axe est celui de la transparence sur les produits phytosanitaires et sur leurs conditions de mise sur le marché. Le deuxième est l’élargissement des moyens d’action pour les agriculteurs afin qu’ils puissent améliorer leurs pratiques. Enfin, le troisième axe est la facilitation des conditions du dialogue pour une meilleure compréhension mutuelle.

Pour les 100 ans de l’association, créée en 1918, l’UIPP prépare une campagne de communication sous la bannière « Le siècle vert ». L’objectif est de nouer un dialogue avec le grand public, de plus en plus méfiant vis-à-vis des pesticides.

A.M.