Le coordinateur interministériel du plan de sortie du glyphosate Pierre-Etienne Bisch, a estimé lundi à Lyon qu’il était « impératif » pour les agriculteurs de se préparer à l’interdiction probable du glyphosate en 2022.

D’ici à 2022, « des efforts sont faits pour que la majorité des usages du glyphosate soient interrompus », a déclaré lors d’une conférence de presse M. Bisch, avant de préciser que « la France était décidée à voter pour l’interdiction du produit en 2022 » au niveau européen, comme l’Allemagne et l’Autriche.

M. Bisch a toutefois déploré l’augmentation en France de « 12 % » des volumes de vente de glyphosate entre 2008 et 2018. « C’est un échec, il faut le reconnaître, mais c’est une compétence de l’Europe de l’interdire », a-t-il ajouté.

Stratégie et priorités de financement d’ici à la fin de 2019

Chargé de coordonner au sein d’une « task force » tous les acteurs publics et privés afin de réduire l’usage des pesticides, le préfet Bisch a rencontré plus tôt la commission d’agroécologie de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui réunit notamment la profession agricole, la chambre d’agriculture, le préfet de Région, des élus et des ONG environnementales. Chaque région doit mettre au point d’ici à la fin de 2019 une stratégie et des priorités de financement.

Le préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Pascal Mailhos, a estimé pour sa part que les « résultats n’étaient pas à la mesure de ce qui était attendu ». Les plans Ecophyto prévoient notamment la mise en place de groupes d’agriculteurs volontaires pour utiliser moins d’intrants. L’objectif est d’en réunir à terme 30 000 au niveau national. Dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, seuls 747 agriculteurs ont répondu à l’appel quand l’objectif était d’en atteindre 3 000, selon M. Mailhos. « Il faut que chacun comprenne que c’est son intérêt en termes d’image, social, environnemental, de santé, et j’ai appelé à ce que la cadence soit accélérée », a dit le préfet de Région.

AFP