« La Commission européenne va proposer le renouvellement du glyphosate pour 15 ans », a indiqué une source auprès de l’exécutif européen. Un vote devrait se tenir à la majorité qualifiée au sein d’un comité d’experts, représentants les États membres, les 7 et 8 mars. L’autorisation de l’UE pour cette substance expire à la fin juin.

La proposition stipule des « limitations sur les coformulants » (qui composent avec la substance active, selon différentes formulations, un pesticide) ainsi que l’interdiction du POE-tallow amine, un coformulant qui favorise la pénétration de la substance active dans les végétaux, a précisé cette source.

Les États membres restent responsables pour l’autorisation finale accordée à un pesticide, a-t-elle ajouté.

La Commission appuie son choix sur l’avis donné en novembre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui a jugé « improbable » le risque cancérogène du glyphosate. Un avis qui avait donné lieu à une polémique, quelque mois seulement après que l’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre international pour le Cancer (Circ), eut déclaré la substance cancérogène « probable ». La différence, avait à l’époque expliqué l’Efsa, est qu’elle ne s’est penchée que sur la substance chimique individuelle, tandis que le Circ évalue des formulations.

Déjà des eurodéputés verts déplorent que la Commission européenne soit disposée à simplement ignorer les inquiétudes scientifiques exprimées sur les risques pour la santé du glyphosate et propose de continuer à autoriser son utilisation pour quinze ans de plus.

La Commission garde le droit de réévaluer, « à tout moment », la décision, a précisé la source, alors que de nouveaux travaux scientifiques sont attendus dans les prochains mois, à la fois au sein de l’UE et à l’étranger (États-Unis, Japon ou Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

AFP