« Le conseil d’administration a unanimement estimé que la proposition révisée de Bayer était financièrement inadéquate et insuffisante », indique dans un communiqué le groupe américain qui ajoute rester « ouvert » à des discussions « constructives ». Monsanto souhaite donc que son courtisan augmente le montant de la dot pour accepter un mariage.

Se disant « déçu », parce que sa proposition apporte une « valeur immédiate et certaine » aux actionnaires de Monsanto au vu de la dernière performance financière de sa cible, Bayer a assuré de sa volonté de poursuivre des négociations.

Celles-ci doivent toutefois se faire dans le cadre d’un accord de confidentialité entre les deux groupes permettant à la société allemande d’avoir accès aux comptes de l’entreprise américaine, a précisé Bayer dans un communiqué.

Monsanto a jusqu’à présent refusé de fournir des informations confidentielles à Bayer, qui a porté la semaine dernière son offre à 125 dollars le titre contre 122 auparavant, tout en se gardant de donner une valorisation globale du groupe américain, en raison, expliquait-il, de l’évolution permanente du volume de la dette.

La proposition initiale, rejetée immédiatement par Monsanto, donnait une opération à 62 milliards de dollars (dette comprise), soit quelque 55 milliards d’euros.

Monsanto convoiterait les activités agrochimiques de BASF

Le quotidien économique allemand Handelsblatt affirmait à la fin de juin que Monsanto visait plutôt un relèvement du prix de 10 à 15 dollars par action. Pour séduire le fabricant du RoundUp, Bayer propose aussi de verser à Monsanto 1,5 milliard de dollars si leur rapprochement venait à échouer du fait de l’opposition des autorités de la concurrence.

Mais le groupe américain n’en démord pas et fait monter les enchères : il a indiqué à la fin de juin avoir les discussions avec d’autres acheteurs potentiels et envisage également d’autres solutions. Monsanto convoiterait notamment les activités d’agrochimie d’un autre géant allemand de la chimie, BASF, pour contrecarrer les ambitions de Bayer, affirme l’agence Bloomberg News.

Le nom de BASF était déjà apparu dans les spéculations autour de ce dossier comme possible chevalier blanc pour Monsanto. De l’avis de plusieurs analystes, BASF ne peut pas se permettre de rester simple observateur du mouvement global de consolidation dans la chimie, dû entre autres à la chute des prix des produits agricoles.

AFP