Les avis scientifiques divergent sur cette substance active largement utilisée dans les pesticides, et notamment dans le Round Up du groupe Monsanto.

Malgré un avertissement du Centre international pour le cancer (CIRC), une agence de l’OMS, l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a estimé « improbable » son risque cancérogène. C’est sur la base de cet avis que la Commission a décidé de proposer un renouvellement pour quinze ans.

Mais finalement cela « n’a pas été soumis au vote » à l’occasion d’une réunion d’un comité d’experts représentant les 28 États membres de l’UE, lundi et mardi à Bruxelles. Selon deux sources diplomatiques, la majorité qualifiée (55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE), pourtant nécessaire à son adoption, n’a pas pu être atteinte.

L’échéance pour renouveler l’autorisation du glyphosate n’expire qu’« à la fin de juin »

L’exécutif bruxellois a refusé ce mardi 8 mars 2016 de formellement confirmer que le vote sur sa proposition, qui avait déclenché un concert de protestations d’ONG et d’eurodéputés, avait été reporté. « Les services de la Commission et les États membres ont discuté de la façon d’aller de l’avant à ce sujet », a déclaré une source à la Commission, soulignant qu’il « reste du temps pour de plus amples discussions », puisque l’échéance pour renouveler l’autorisation du glyphosate n’expire qu’« à la fin de juin ». Le comité d’experts compétent se réunira à nouveau les 18 et 19 mai, mais « si besoin est, cette question peut être soulevée [...] avant », a-t-elle précisé.

L’issue de ce vote semblait incertaine dès la semaine dernière, après que les Pays-Bas eurent indiqué qu’ils demanderaient un report, tandis que la France, la Suède et l’Italie avaient prévenu qu’elles voteraient « non ».

Il semblerait que l’Allemagne, où les écologistes font âprement campagne contre cette substance, ait également été en faveur d’un report, ce qui ne permettait pas d’atteindre la majorité qualifiée nécessaire pour procéder au renouvellement de la licence de ce produit controversé.

« Malgré le fait que la Grande-Bretagne et la Commission européenne s’associent pour défendre les intérêts de Monsanto, les gouvernements en Europe ont refusé de faire de leurs populations des rats de laboratoire en approuvant une nouvelle licence pour le glyphosate », s’est félicitée mardi Alice Jay, de l’ONG Avaaz, qui a recueilli 1,4 million de signatures contre le renouvellement du produit.

AFP