Deux listes de produits susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens (PE) ont été mises en ligne sur les sites des ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture le 14 juillet 2017.

Non exhaustives et provisoires (1), elles contiennent les noms commerciaux et renseignent sur la fonction générale d’environ un millier de biocides pour l’une (insecticides pour la maison, produits de protection du bois ou pour l’hygiène vétérinaire), et près de 600 produits phyto (fongicides, herbicides, insecticides) pour l’autre. Les produits listés « contiennent au moins une des substances identifiées par la Commission comme perturbateur endocrinien ».

Transparence et information

Cette publication fait suite à l’adoption, au niveau européen, d’une définition des PE, le 4 juillet dernier.

Elle marque la volonté du gouvernement (ministères de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique) de donner davantage d’information et de renforcer la transparence sur les produits phytosanitaires et les biocides. Ainsi, dans l’attente de l’entrée en vigueur concrète de l’exclusion européenne, les citoyens, agriculteurs et professionnels peuvent orienter leurs choix d’achat.

Des listes prématurées et stigmatisantes pour l’UIPP

La publication des listes a suscité une réaction de l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes). Le projet de définition des PE devant encore être validé par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, l’UIPP estime qu’en publiant une liste de PE susceptibles, « le gouvernement ne respecte pas le processus de décision européen actuellement en cours sur les perturbateurs endocriniens (PE) ».

Établir une liste de PE est « prématuré » pour l’UIPP, et cela stigmatise « prématurément tous les produits potentiellement suspectés ». Pour les fabricants de phytos, les possibilités de substitution des produits et leur impact sur la production agricole doivent par ailleurs être analysés.

Générations futures s’oppose toujours au projet de définition

L’association Générations futures, qui a lancé une pétition en ligne invitant les eurodéputés à s’opposer au projet de définition des PE adopté par la Commission européenne, rappelle le caractère provisoire de la liste.

« La définition finalement adoptée début juillet modifiera cette liste et les lignes directrices actuellement en discussion […] également, précise-t-elle dans un communiqué paru ce jour. La liste actuelle ne ressemble donc que probablement très imparfaitement au résultat final car ces lignes directrices pourraient encore restreindre la portée des critères votés ».

Pour davantage de clarté, et puisque « le combat des ONG continue », Générations futures souhaite par ailleurs que la liste publiée contienne les matières actives de produits et non pas les produits.

Présents dans les pesticides, mais aussi de nombreux produits de la vie quotidienne (cosmétiques, peintures, jouets, contenants alimentaires, etc.), les PE dérèglent les fonctions du système hormonal, nuisant à la santé et la reproduction des populations, y compris à de très faibles niveaux d’exposition.

A. Cas. avec l’AFP

(1) Comme l’indique le site du ministère de l’Agriculture : « Les produits listés […] sont les produits contenant une ou plusieurs substances actives figurant dans l’étude d’impact de la Commission européenne comme pouvant relever de la définition telle qu’elle était proposée par la Commission européenne. La Commission a établi cette liste sur la base d’une analyse rapide par le Centre commun de recherche de la Commission européenne. Des substances sont donc susceptibles de ne plus figurer dans cette liste après analyse détaillée par les agences sanitaires européennes. À l’inverse, d’autres substances non identifiées à ce jour peuvent y être intégrées ultérieurement.