« Une fois de plus, des décisions tombent qui pénalisent nos projets et nos finances ! », regrette Christiane Chauliac, installée avec son mari Germain, à Maurines, dans le Cantal. « En novembre dernier, nous avons déposé notre dossier pour la construction d'un bâtiment de stockage de fourrages équipé de panneaux solaires. Si la rétroactivité est appliquée, la baisse annoncée de 30 % du prix du kWh (1) remettrait en cause l'investissement de 150.000 euros sur la partie photovoltaïque. En revanche, nous pouvions financer la partie bâtiment, de 110.000 euros. »

« Nous en avons besoin avec un accroissement récent du quota et du cheptel en prévision de l'installation éventuelle de notre fils. Mais sans panneaux solaires, nous allons plutôt rallonger la stabulation pour installer un séchage en grange. Cela signifierait un nouveau permis de construire et la perte sèche des 7.000 euros consacrés aux études du projet en cours ! », ajoute Christiane Chauliac.

Pour Dominique Troupenat, vice-président de la FDSEA du Cantal, responsable du dossier "photovoltaïque", « les éleveurs ont besoin de construire des bâtiments fonctionnels dans une région où le parc de bâtiments est ancien. Pour 80 % des projets, le photovoltaïque est le moyen de financer ces constructions. Une baisse des tarifs de l'électricité remet en cause la plupart des études en cours. »

L'assimilation des agriculteurs à des investisseurs spéculatifs lui paraît honteuse. Au-delà de ce sentiment, c'est tout un plan de développement économique rural qui est remis en cause. En effet, les éleveurs font appel à des entreprises du bâtiment locales pour leurs constructions de bâtiments. « Le photovoltaïque est aussi une forme de diversification ne nécessitant pour une fois ni agrandissement ni main-d'oeuvre supplémentaire ! »,souligne Dominique Troupenat.

Plus de cent projets en cours

Agréole développement, une société de services mise en place par la FDSEA et les JA dans le Cantal, la Haute-Loire et pour partie le Puy-de-Dôme, accompagne les exploitants dans leurs projets de bâtiments photovoltaïques. Des appels d'offres collectifs visent à optimiser le choix de matériaux français de qualité.

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Photovoltaïque : le solaire n'est plus aussi avantageux

M.R.