Venus des quatre coins de la France, des centaines d'apiculteurs ont manifesté mardi près de Paris pour exprimer leur ras-le-bol face au problème de surmortalité des abeilles.

En tenue de protection, brandissant leurs enfumoirs et des pancartes indiquant « L'agrochimie m'a tuer » ou « Non au Cruiser, non aux insecticides neurotoxiques tueurs d'abeilles », les apiculteurs se sont rendus devant le siège de FranceAgriMer à Montreuil (Seine-Saint-Denis) où se tenait le Comité stratégique apicole, lieu de décision des orientations de l'apiculture.

Quatre organisations étaient réunies pour l'occasion : la Confédération paysanne, la Fédération des organisations sanitaires apicoles départementales (FNOSAD), le Syndicat national de l'apiculture (SNA) et l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf).

« Est-ce qu'un éleveur de vaches allaitantes accepterait de perdre la moitié de son cheptel chaque année ? », a proclamé Jean Sabench, de la Confédération paysanne. Face à la mortalité alarmante des abeilles, les apiculteurs demandent l'interdiction totale des néonicotinoïdes, jugeant insuffisant le moratoire de deux ans de trois substances actives sur un nombre restreint de cultures. Ils demandent également un renforcement de la mention « abeille », attribuée selon eux à un trop grand nombre de produits nocifs.

« La parole des apiculteurs doit être entendue pour qu'ils puissent décider eux-mêmes de leur avenir », a insisté Henri Clément, porte-parole de l'Unaf, regrettant que les apiculteurs soient minoritaires dans le Comité stratégique apicole.

Les manifestants dénonçaient également les incohérences du plan de développement durable de l'apiculture, qui soutient l'installation de jeunes apiculteurs. « Un plan de développement durable de l'agriculture dans une ambiance de pesticides, ce n'est pas possible. Quand ils nous demandent de doubler la production de miel, ils se foutent de nous », s'est énervé Jean Sabench.

Pour symboliser la mortalité de leurs cheptels, les manifestants se sont allongés dans la rue et y ont déposé un cercueil en bois sur lequel était inscrit : « Aujourd'hui, nos abeilles. Demain, nos enfants. »

Adèle Magnard