Le 22 mars 2016, les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen estiment que Bruxelles « ne devrait pas renouveler l’approbation du glyphosate sur le marché de l’Union européenne pour quinze années supplémentaires et sans restriction tel que proposé ». Ils ont adopté une résolution en ce sens par 38 voix pour, 6 voix contre et 18 abstentions. Ils encouragent la Commission européenne à demander « une étude indépendante et publier les preuves scientifiques utilisées par l’Efsa pour évaluer le glyphosate ».

« Le fait que nous devions avoir recours à une objection parlementaire montre que quelque chose n’a pas fonctionné dans le processus décisionnel, déclare Pavel Poc, le député tchèque qui a rédigé la proposition de résolution. Le glyphosate a été classé comme probablement cancérigène par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Alors que le secteur avance que la substance peut être totalement métabolisée, il est désormais clair que les résidus de glyphosate sont partout : dans l’environnement, dans de nombreux produits de consommation quotidienne, dans nos corps. »

Rendre les évaluations publiques

« La Commission européenne et l’Efsa publieront-elles les études sur lesquelles leur proposition se base ? Pourquoi proposer d’autoriser le glyphosate pour 15 années supplémentaires, soit la période la plus longue possible ? Il faut que ces études soient rendues publiques et nous devrions attendre de les avoir à notre disposition. Toute incertitude doit être évitée avant de procéder à l’approbation d’une substance si largement utilisée. C’est de cette manière que le principe de précaution devrait être appliqué. »

Le Parlement européen précise que cette proposition de résolution sera mise aux voix pendant sa session plénière. Les experts nationaux qui siègent au comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (section des produits phytopharmaceutiques) se prononceront en mai pour adopter ou rejeter la proposition de la Commission européenne à une majorité qualifiée. Si une telle majorité n’est pas atteinte, la décision reviendra à la Commission européenne.